Dans Melpomène, Charlotte Dauphin signe un thriller atypique où elle incarne une jeune femme atteinte d'un cancer du sein qui part explorer son passé et les raisons de la mort tragique de sa mère. Le film, qu'elle a écrit et réalisé, a été présenté en salle depuis ce mercredi. Le casting prestigieux comprend Andie MacDowell, Marisa Berenson, Anouk Grimberg, Pascal Greggory, Finnegan Oldfield et Louis-Do de Lencquesaing. Le sublime « Palais Bulles », situé dans le massif de l'Estérel, dans le sud de la France, y tient un rôle à part entière.
Un casting conquis par le scénario
Charlotte Dauphin explique avoir réuni ce casting prestigieux grâce à la force du scénario. « Les actrices et les acteurs se sont laissés emporter par le scénario. C'est aussi simple que ça », confie-t-elle. Chaque artiste a été attiré par la question de la schizophrénie, un thème central du film. « Chacune et chacun avaient des raisons différentes, mais c'est vraiment l'histoire qui les a accrochés au départ », précise-t-elle. Les rencontres et les discussions artistiques ont ensuite fait le reste.
Une intrigue sur les rouages de la folie
L'intrigue de Melpomène est une pure fiction qui analyse les rouages conduisant le personnage principal au bord de la folie. Son enquête sur sa mère, disparue depuis trois décennies, la pousse à s'interroger sur le passé et le présent. « Je pense que ce type d'interrogations peut nous concerner tous car elles font écho au monde dans lequel on vit », souligne la réalisatrice. Elle aborde ainsi des questions intimes qui touchent tout le monde.
Le film est centré sur les secrets familiaux. Charlotte Dauphin souhaitait comprendre comment son personnage sombre dans la folie et en vient à ne plus différencier la réalité et la fiction. « Il évolue entre les deux car son entourage le bombarde de versions contradictoires de ce qui s'est passé au point qu'il ne sait plus démêler le vrai du faux », explique-t-elle. Cette confusion fait écho au monde actuel, où l'on peine parfois à savoir quoi penser ou qui croire.
Des thèmes contemporains : santé mentale et cancer du sein
La santé mentale et le cancer du sein sont des sujets « beaucoup à l'ordre du jour, aujourd'hui », selon la réalisatrice. « On en parle beaucoup, mais en même temps, finalement, pas assez, parce que ce ne sont pas toujours des sujets qui sont considérés comme primordiaux pour le monde actuel », ajoute-t-elle. Ces thèmes lui ont donné envie de les aborder dans son film.
Charlotte Dauphin considère également Melpomène comme un film féministe. « Il parle aussi de la façon dont les femmes sont traitées », affirme-t-elle. Son héroïne accumule les embûches et creuse une vérité qui dérange, ce qui délie les haines et les traumatismes. « Elle va en payer le prix comme, souvent, les femmes qui parlent et font éclater la vérité », précise-t-elle. Le fait d'enquêter, de remuer le passé et de s'exprimer n'est pas gratuit, et il faut un courage incroyable pour oser prendre la parole.
Un film entre message et divertissement
Avec ce film, Charlotte Dauphin a voulu rappeler qu'il ne faut pas juger les gens sans savoir et montrer comment la responsabilité de chacun peut mener à une grande catastrophe globale. « Chacun est responsable de ses actes et même les plus petites formes de violence peuvent avoir un impact », insiste-t-elle. Elle souligne cependant que Melpomène n'est pas seulement un film « à message ». « Il s'agit de cinéma et de divertissement. J'espère être parvenue à marier les deux », conclut-elle.