La chanteuse Hoshi publie ce vendredi son nouvel album « Bonjour docteur », un projet de quatorze titres qu'elle décrit comme « une opération à cœur ouvert ». L'artiste y revient sur sa rupture avec son ex-compagne, Gia Martinelli, qui était également sa manageuse et co-parolière. Leur relation s'est achevée fin 2024, après sept années de vie commune.
Des règlements de comptes en musique
Dans le morceau-titre, Hoshi lance une pique cinglante : « Elle est partie ailleurs claquer la Sacem de nos chansons ». Sur ses réseaux sociaux, elle a révélé avoir déposé plusieurs plaintes contre son ancienne partenaire. « J'ai été salie, abusée, et je ne peux pas laisser cette situation perdurer », écrivait-elle, précisant s'être « retrouvée plusieurs fois dans des situations où [son] consentement n'existait plus ».
À l'époque, l'artiste devait terminer une tournée, ce qui, selon elle, lui a permis de tenir. « C'étaient des concerts unplugged, donc plutôt intimes, devant 500 à 1.000 personnes. Je voyais le visage des gens. Je me rappelle que, deux jours après ma prise de parole, j'étais avec ma guitare sur scène et je ne me suis jamais pris autant d'amour que ce soir-là, se remémore-t-elle. Mon public avait beaucoup de pudeur, il m'a tendu la main, dit qu'il était là et qu'il me croyait. C'est ça le plus important et ça m'a donné de la force. »
Une écriture comme urgence vitale
Hoshi décrit des semaines difficiles : « Je me suis retrouvée profondément seule, confie-t-elle. Je pleurais avant d'aller sur scène, puis je montais sur scène et je faisais mon concert et, une fois sortie de scène, je pleurais. Le moment où j'allais le moins mal, c'était sur scène. »
Elle s'est alors mise à écrire sans projet précis : « Quand j'ai commencé, je ne pensais pas forcément à en faire un disque. Il y a eu une espèce d'urgence, j'avais besoin de raconter tout ce qui s'est passé, d'expulser tout ça. Et à la fin, je me suis dit que ça ressemblait vachement à un album. »
Au fil des textes, elle aborde la trahison, la santé mentale et le consentement. Le titre « Billy et Joey » évoque les deux enfants qu'elle imaginait avoir avec son ex. « Ils n'existeront jamais. Je les ai nommés pour leur dire au revoir à travers la chanson. Cela m'a ramenée à mon désir de maternité. Cela a été un sujet immense, je me suis dit que j'avais perdu sept ans de ma vie. Écrire ce morceau m'a beaucoup aidée à guérir », explique-t-elle.
Un « avenir d'après » et une tournée annoncée
Ses proches l'avaient prévenue du décalage possible entre l'écriture et la sortie du disque. Elle confirme : « J'en avais conscience. Et c'est cool. Je savais qu'au moment où Bonjour docteur sortirait ce serait comme la fin d'une thérapie et que chanter ces morceaux ne serait pas forcément quelque chose de douloureux. »
Elle assure aller mieux aujourd'hui et se dit enthousiaste pour « l'avenir d'après », titre d'une de ses nouvelles chansons. « J'ai compris que j'étais sous emprise. Et je me suis rendu compte que, finalement, j'arrivais à tout gérer seule, que ça roulait », résume l'artiste, qui a également créé son propre label.
Ayant récemment fêté ses 30 ans, Hoshi voit ce cap comme le début de « [sa] vie d'adulte ». « Ma vingtaine a été un bordel immense. Il y a eu de la réussite, des moments heureux et de belles rencontres, mais aussi des traumas et j'en suis sortie abîmée. » Dans la trentaine, elle se sent « apaisée ».
Hoshi lancera sa tournée à Aix-en-Provence le 4 février, avant d'enchaîner les dates dans les Zénith de France, de Suisse et de Belgique, avec un passage à l'Accor Arena de Paris le 18 novembre 2027. Sur scène, elle compte évacuer la tristesse avec son public : « Je n'avais pas envie d'être dans un truc plombant de A à Z, au contraire. Je ne souhaite pas chanter la tristesse en étant triste, je veux justement l'évacuer. Je me dis que s'il y a des gens dans la salle qui n'ont pas le moral à ce moment-là, cette tristesse, on va l'évacuer ensemble. »