Henri Salvador, une vie dédiée à la musique et à l'humour
Le chanteur et guitariste Henri Salvador s'est éteint à l'âge de 90 ans le 13 février 2008 à son domicile, des suites d'une rupture d'anévrisme. Né en 1917 à Cayenne, en Guyane, il avait fait ses adieux au public le 21 décembre 2007 au Palais des congrès de Paris, déclarant avec son humour caractéristique : « Il faut savoir partir ». Au cours de ses quatre-vingt-dix ans d'existence, il a connu trois vies artistiques distinctes, passant du jazzman insatiable au rigolo national, avant de renaître au début du XXIe siècle grâce à des collaborations avec Keren Ann et Benjamin Biolay.
Une carrière jalonnée de succès et de récompenses
Henri Salvador a été honoré par de nombreux prix tout au long de sa carrière, notamment artiste de l'année en 2000, plusieurs Victoires de la musique, et le grand prix de l'Union Nationale des Auteurs et Compositeurs (UNAC) pour l'ensemble de son œuvre en 2004. Véritable poule aux œufs d'or pour les maisons de disques, il a vu pas moins de 14 compilations éditées entre 1997 et 1999, témoignant de sa popularité durable et de sa présence régulière sur les plateaux télévisés.
Les chansons emblématiques qui ont marqué des générations
Formé à l'école des grands musiciens noirs américains et de Django Reinhardt, qu'il accompagnait dans les clubs parisiens dès son jeune âge, Henri Salvador a révélé son talent avec son premier disque en 1948, « Maladie d'amour », une chanson issue du folklore des Antilles françaises. En 1950, il enchaîne avec « Une chanson douce », également connue sous le titre « Le Loup, la Biche et le Chevalier », devenu un standard de la chanson enfantine.
En 1958, il crée « Faut rigoler » avec Boris Vian, une chanson écrite en une demi-heure à partir d'un souvenir d'enfance, reflétant sa philosophie de vie joyeuse. En 1962, il connaît un immense succès avec « Syracuse », composée rapidement avec le poète Bernard Dimey, et interprète la version française de « Le lion est mort ce soir », adaptation de « The lion sleeps tonight ».
Dans les années 1960, il se consacre à la variété humoristique, avec des titres comme « Zorro est arrivé » et « Le Travail, c'est la santé », ce dernier faisant l'apologie de la paresse dans le contexte des Trente Glorieuses. En 1966, il interprète « Juanita Banana », un succès international où il apparaît travesti en jeune Cubaine, illustrant son goût pour le spectacle et l'humour décalé.
Un héritage musical indéniable
Henri Salvador a collaboré avec des artistes prestigieux tels que Ray Charles et Michel Petrucciani, et son influence s'étend du jazz à la chanson populaire. Son rire communicatif et son talent pour mêler humour et mélodie ont fait de lui une figure incontournable de la culture française. Aujourd'hui, son anniversaire est l'occasion de réécouter ses huit chansons les plus connues, qui continuent de résonner dans la mémoire collective.