Grand Corps Malade : son album « Voir la mer » et ses rêves
Grand Corps Malade : « Voir la mer » et ses rêves

Vingt ans après le succès de Midi 20, Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, a sorti son neuvième album studio, Voir la mer, le 18 septembre. Cet opus, écrit en grande partie à Montréal (Canada), où il s'est installé en famille pendant un an, marque une nouvelle étape dans une carrière jalonnée de succès, dont 600 000 exemplaires vendus pour son premier album et une Victoire de la musique de la révélation masculine.

Une écriture tournée vers l'innocence et la concentration

Dans son titre « 20 ans plus tard », Grand Corps Malade se pose la question de l'innocence. Interrogé sur sa réponse, il confie : « J'ai l'impression que j'arrive à garder encore un peu de fraîcheur au moment de l'écriture. L'enjeu, c'est d'essayer de me mettre dans le même état d'esprit que quand j'écrivais il y a vingt ans. » Il explique que, désormais, il doit lutter contre les pensées parasites : « “Tiens, cette chanson sera sûrement sur l'album” ou “Les journalistes me poseront peut-être la question de pourquoi cette phrase-là ?” ou “Est-ce que le public préférera cette chanson à telle autre ?” » Son but est de se concentrer uniquement sur son texte et son envie du jour, même s'il admet ne pas toujours y parvenir à 100 %.

Un morceau contre la banalisation de l'extrême droite

Dans « Pas de fatalité », il dénonce la banalisation des idées de l'extrême droite et du racisme, notamment dans les médias. Interrogé sur une possible inscription sur la liste des personnalités opposées à l'extrême droite que veut établir Pascal Praud sur CNews, il répond : « Il y a des chances, oui. Il y a des chances qu'ils se sentent visés quand je parle de “racisme décomplexé sur les plateaux télé”. »

Il revient également sur les attaques en ligne subies par des personnalités comme Adèle Exarchopoulos ou Teddy Riner pour avoir pris position contre l'extrême droite. Il souligne que « c'est un peu l'objet de ce morceau ». Des journalistes lui ont dit que cette chanson était courageuse, mais il relativise : « Il y a quinze ans, ce n'était pas courageux de faire une chanson contre le racisme en disant que l'extrême droite peut être inquiétante. C'est révélateur d'une époque qui ne va pas très bien sur ce thème-là : on ne peut même pas déplorer que le racisme gagne du terrain. »

La France, ses fiertés et ses clivages

Dans « Une mélodie », il évoque les « clivages » de la France. S'il ne sait pas si la France est plus clivée que d'autres pays, il note : « On essaie de nous faire entrer dans des cases et il y a en effet beaucoup de sujets qui sont clivants. » Il ajoute : « J'ai vécu au Québec, où j'ai trouvé que l'atmosphère sur ces sujets était beaucoup plus détendue. » Il estime que cette tendance est « assez internationale ».

Dans « Drôle de lettre », il écrit à la France : « j'ai envie d'être fier de toi ». Il énumère ce qui le rend fier : « J'aime la France des quartiers populaires. J'aime la France qui fait la fête à la Fête de la musique. J'aime la France qui accueille les JO de Paris 2024, cela a été une fête partout et tout s'est très bien passé. J'aime les équipes de France de basket, de foot, qui reflètent toute la diversité de la France. »

La gratitude, une valeur guide

La gratitude est une valeur importante pour lui, déjà évoquée en 2010 dans « Définitivement » avec la phrase « Je t'apprendrai la gratitude ». Il explique : « C'est quelque chose d'important pour moi. On n'en parle pas souvent, pourtant cela compte de savoir dire merci aux gens qui t'ont aidé, aux gens que tu aimes, aux gens qui t'inspirent. » Il ajoute : « Merci est un petit mot passe-partout, mais qui peut ouvrir des portes, créer des sourires. Il faut savoir être reconnaissant. Être reconnaissant, ça veut dire accepter et essayer de promouvoir le lien avec les autres. »

La tournée, un rêve concret

Son prochain rêve est la tournée. Il déclare : « C'est un rêve concret, un rêve que j'ai déjà fait, déjà touché. C'est ce que je préfère faire. » Il précise que l'année 2027 sera consacrée à la création du spectacle avec les musiciens et techniciens. Il ajoute : « Je continue de trouver ça assez incroyable que des gens remplissent les salles pour mes concerts. Ça fait vingt ans et je ne suis pas blasé de ça. Je suis émerveillé de me dire que je vais entrer sur la scène d'un Zénith et que les gens vont m'applaudir avant même que je prenne la parole. »

Collaboration avec Céline Dion et Mosimann

Grand Corps Malade a écrit trois chansons pour le prochain album de Céline Dion, après en avoir déjà écrit trois pour elle par le passé. Il décrit cet exercice comme « très stimulant, très inspirant ». Il explique : « Écrire pour d'autres chanteurs ou chanteuses, comme je le fais, c'est une autre casquette. Je m'oublie, je me mets dans la peau de quelqu'un d'autre. » Il ne peut pas révéler les thèmes, mais précise que pour deux des trois chansons, c'est Céline Dion qui lui a soufflé les sujets.

Pour deux de ces chansons, il a travaillé avec Mosimann, qui a récemment déclaré à « 20 Minutes » à quel point leur rencontre, pour l'album Mesdames sorti en 2020, avait été importante pour lui. Grand Corps Malade confirme : « Ensemble on a fait Mesdames et celui d'après, Reflets [en 2023]. C'est vrai que ça a toujours été très fluide, très rapide, lui à la musique, moi au texte. On s'est vraiment trouvés. » Il ajoute : « Il dit que je lui ai appris beaucoup grâce à Mesdames et qu'il y a un avant et un après pour lui. Mais ça marche dans les deux sens. J'avais déjà une belle carrière depuis quinze ans mais Mesdames est l'album qui a le plus marché. On doit être à plus de 700 000 ventes aujourd'hui. »

Mosimann étant le directeur de la prochaine saison de « Star Academy » sur TF1, une apparition de Grand Corps Malade au château n'est pas exclue. Il répond : « On n'en a pas encore parlé, mais ce n'est pas impossible. On va essayer de réfléchir à tout ça. »