Un mouvement international sans précédent contre la participation d'Israël à l'Eurovision
Le mouvement international de boycott de la participation d'Israël à l'Eurovision prend une ampleur historique à l'approche de l'événement prévu à Vienne en mai. Plus d'un millier de musiciens à travers le monde, dont des figures emblématiques comme Massive Attack, Kneecap et Macklemore, ont signé un appel exigeant l'exclusion du pays du concours.
Une lettre accablante et plus de 1 100 signatures
La lettre, publiée sur le site du mouvement « No music for genocide », recueillait mardi plus de 1 100 signatures. Elle provient principalement d'artistes de petits et moyens labels, mais compte également des noms célèbres ayant activement soutenu le boycott culturel d'Israël depuis des années.
Parmi les signataires les plus notables figurent :
- Peter Gabriel
- Roger Waters, ancien membre de Pink Floyd
- Le groupe britannique Massive Attack
- Le musicien et producteur Brian Eno
- Le rappeur Macklemore
- Le trio nord-irlandais Kneecap, dont un membre avait été poursuivi pour avoir arboré un drapeau du Hezbollah en 2024
Des accusations graves contre le diffuseur public israélien
Les signataires appellent spécifiquement à l'exclusion du diffuseur public israélien KAN, qu'ils accusent de s'être rendu « complice des crimes contre l'Humanité commis par Israël ». Ils affirment dans leur lettre : « En tant que musicien.ne.s et travailleurs.euses culturels, dont beaucoup vivent dans la zone couverte par l'Union européenne de radio-télévision (UER), nous refusons que l'Eurovision soit utilisé pour blanchir et normaliser le génocide, le siège et l'occupation militaire brutale des Palestinien.ne.s par Israël ».
Le contexte patriotique israélien et le plus important boycott de l'histoire
Cette controverse intervient alors que le chanteur franco-israélien Noam Bettan, 27 ans, a été choisi pour représenter Israël. Cette mission revêt une dimension patriotique forte dans un pays où l'Eurovision est extrêmement suivi et ses candidats soutenus avec ferveur.
Le concours, qui fête sa 70e édition cette année, fait face au plus important boycott de son histoire. Déjà, les diffuseurs de l'Espagne, de l'Irlande, de l'Islande, des Pays-Bas et de la Slovénie ont annoncé leur défection. Ils reprochent à Israël la conduite de la guerre menée à Gaza, en représailles à l'attaque du 7 octobre 2023 du Hamas.
Israël, qui a remporté quatre fois l'Eurovision (la dernière fois en 2018), avait vu sa candidate Yuval Raphael, survivante de l'attaque du 7 octobre, arriver deuxième lors de la dernière édition, remportant le plus de voix du public. Cette année, la compétition s'annonce marquée par des tensions politiques sans précédent.



