Du 1er au 6 décembre, le festival Les Volques investit la ville de Nîmes pour un double portrait musical inédit, réunissant la compositrice italienne Francesca Verunelli et le compositeur romantique Johannes Brahms. Tous deux partagent une passion commune pour la voix, un fil conducteur qui structure toute la programmation de cette édition.
Un projet artistique et pédagogique ancré dans la ville
Carole Roth-Dauphin, directrice artistique du festival avec Denis Lanoy et Richard Herry, porte ce projet avec un enthousiasme manifeste. « En tant qu’artiste, la volonté est de s’investir dans la ville pour tous les citoyens », explique l’altiste, qui anime toute l’année des ateliers de culture musicale dans plusieurs écoles de Nîmes : à l’école du Mont-Duplan, à l’école Paul-Langevin à Pissevin, et depuis cette année, des ateliers de violon parents-enfants au centre Jean-Paulhan, au Mas de Mingue. Ces publics sont conviés et associés au temps fort de décembre.
Francesca Verunelli, une compositrice à la recherche d’un nouveau langage
Le public pourra découvrir le répertoire de Francesca Verunelli, qui a longtemps vécu en France et enseigne aujourd’hui à Zurich. « Elle est demandée dans le monde entier, elle fait partie des compositeurs qui ont vraiment innové, cherché un nouveau langage, précise Carole Roth-Dauphin. Elle est très attachée à l’harmonie, mais elle travaille aussi les microintervalles, s’amuse à créer de nouveaux accords. Elle a aussi beaucoup utilisé la voix, sur le rapprochement entre la voix et l’instrument jusqu’au moment où on ne sait plus qui fait quoi. »
C’est cette recherche autour de la voix qui a conduit Carole Roth-Dauphin à proposer un dialogue avec l’œuvre de Johannes Brahms, « figure emblématique de la musique romantique allemande qui a beaucoup composé pour la musique de chambre », mais qui était également passionné par la voix et a écrit de nombreux lieder. Comme lors des éditions précédentes, chaque concert est pensé autour d’une thématique, d’une pensée ou d’une technique commune, avec une sélection d’interprètes prestigieux.
Une programmation riche entre concerts, conférences et masterclass
Le mardi 1er décembre, le festival s’ouvre avec un concert-conférence autour de la voix, où La Nuda Voce de Verunelli et les lieder de Brahms seront mis en perspective par Arnaud Merlin. Le lendemain, Francesca Verunelli rencontrera le public au bar du théâtre pour présenter VincentinoOo, pour chœur et trois harpes, une œuvre inspirée par les madrigaux du XVIe siècle.
Parmi les temps forts, le quatuor Diotima, spécialiste du répertoire contemporain, se produira lors d’une soirée « Diotima and friends ». Le jeune altiste Paul Zientira, dont la carrière débute de manière éclatante, sera à l’affiche d’une soirée « A fleur de cordes » autour de l’œuvre pour piano préparé de Verunelli, Wo/Man sitting at the piano. Une joyeuse « Nuit tzigane » réunira Jean-François Heisser et Jean-Frédéric Neuburger, le maître et l’élève, pour une interprétation à quatre mains des Danses hongroises.
Un festival ouvert à tous les publics
Le souci pédagogique ne concerne pas uniquement les jeunes publics, mais aussi les mélomanes parfois effrayés par les mots « musique contemporaine ». Carole Roth-Dauphin accompagne les concerts de temps de rencontre et de masterclass ouvertes au public pour apprivoiser le vocabulaire de Francesca Verunelli et tisser des liens avec les compositeurs du passé. Des ateliers sont également organisés dans les écoles, avec des masterclass au conservatoire et aux Récollets.
Après une déambulation musicale dans les collections de Carré d’art, le festival s’achèvera dimanche 6 décembre au centre des congrès h2 avec un concert « En forme de bouquet final » dirigé par Valeria Kafelnikov, cheffe d’orchestre et harpiste pour l’Ensemble intercontemporain. Les musiciens, séduits par l’accueil chaleureux du festival, ont d’ailleurs demandé à revenir, signe de la réputation grandissante de cette manifestation nîmoise.