Angélique Rives, juriste de profession et native d'Ollioules (Var), publie son premier roman jeunesse, « Jack et les mystères des chronomètres », aux éditions Le Lys Bleu. L'ouvrage de 176 pages, vendu 18,50 euros, est né il y a deux ans d'une envie de sortir du cadre professionnel pour explorer un univers imaginaire.
Une reconversion littéraire inattendue
L'écriture de ce premier roman ne s'est pas faite immédiatement dans le registre de la littérature jeunesse. « J'avais commencé par de petites histoires un peu dans l'esprit d'Anna Gavalda. Des choses assez terre à terre, puis j'ai écrit quelque chose d'un peu plus pour les enfants », confie l'autrice. C'est en s'attachant à cette histoire sortant de l'ordinaire qu'elle a laissé libre cours à son imagination. « Et je ne me suis plus arrêtée d'écrire », souffle-t-elle. « J'avais trop envie d'être avec mon personnage et de le faire évoluer dans un environnement qui n'existe pas. »
Le personnage principal, Jack, est un vieux monsieur grincheux passionné d'horlogerie. Lorsqu'une de ses montres de collection s'arrête, il découvre en l'ouvrant des indices mystérieux qui l'entraînent dans une aventure partagée avec Emma, une jeune étudiante en histoire de l'art, pleine d'énergie et de curiosité, tout l'inverse de Jack.
Un univers fantastique entre Écosse et New York parallèle
« Je voulais écrire quelque chose qui n'existe pas », poursuit Angélique Rives. Pour créer cet univers, elle assume son goût pour les mondes imaginaires, évoquant un New York parallèle, des pays merveilleux, des animaux et des créatures fantastiques. « Le fait qu'on se dise qu'on n'a aucune limite et que dans un monde imaginaire on peut tout créer, ça me plaît », explique-t-elle.
L'autrice apprécie également la dualité entre un personnage âgé et renfermé et une adolescente qui pose des millions de questions. Ensemble, ils sillonnent le monde, de l'Écosse jusqu'à un New York parallèle. « Ils vont découvrir que cette montre est magique et que, pour la réparer, il va falloir réussir des épreuves. Ces tests vont les questionner sur eux-mêmes », précise-t-elle.
Une quête initiatique et des influences personnelles
Au-delà de l'aventure, du voyage dans le temps et des créatures, le livre prend une dimension proche de la quête initiatique. Les personnages réfléchissent à leurs choix, à ce qu'ils aimeraient changer et apprennent à pardonner. Ce cheminement permet aux deux héros d'évoluer, notamment Jack, qui se montre progressivement moins grincheux au contact de sa jeune compagne, une sorte de Carl Fredricksen du film d'animation « Là-haut ».
Dans ce premier roman, Angélique Rives se reconnaît dans le personnage d'Emma. « Je suis quelqu'un qui parle beaucoup. Je suis assez curieuse. J'aime vraiment beaucoup l'écriture et je pose beaucoup de questions », sourit-elle. Elle puise aussi dans ses lectures de jeunesse, notamment « Les Fleurs du mal » de Baudelaire, longtemps son livre de chevet. « Il peut y avoir une forme de poésie dans ma façon d'écrire », estime-t-elle.
Un héritage familial et des rencontres scolaires
Cette publication est aussi un hommage à son grand-père, Marcel Barbaroux, figure incontournable d'Ollioules où il fut l'un des instigateurs de la fête de l'Olivier. « Il était tout le temps joyeux… C'était un conteur extraordinaire, il écrivait aussi beaucoup en provençal. Il m'a sensibilisée à toutes les écritures, alors peut-être que cela vient de lui », raconte l'autrice.
Avant même la sortie du livre, Angélique Rives a été contactée par des établissements scolaires du Var. Une école souhaite organiser une rencontre avec deux classes de CM2 autour de l'ouvrage. L'autrice, qui souhaite transmettre un message de ne pas se laisser enfermer dans une seule étiquette, conclut : « Je trouve ça bien de ne pas se limiter à un métier. » Elle-même se définit comme juriste, maman, autrice et rêveuse, ayant troqué le monde concret des contrats pour celui de l'imaginaire, où tout peut arriver.



