Sophie Fontanel : quand la mode redescend dans la rue
Sophie Fontanel : la mode redescend dans la rue

Lors de la dernière fashion week milanaise, les podiums ont soudain semblé se rapprocher de la rue, un phénomène que notre chroniqueuse Sophie Fontanel a observé avec attention. Dans sa chronique publiée le 10 octobre 2026, elle note un « léger principe de réalité » qui s'est invité dans les défilés, avec des détails concrets qui changent tout.

Des collants sur les podiums, une anomalie qui fait sens

Le premier signe de ce rapprochement : chez Jil Sander, les mannequins portaient des collants. Une rareté dans le milieu, où les modèles défilent habituellement jambes nues, été comme hiver. Pour Sophie Fontanel, cette habitude relève d'une certaine déconnexion : « Dans la mode, on est complètement à l'ouest », écrit-elle avec ironie.

Ce détail vestimentaire, anodin en apparence, marque un retour à des préoccupations plus terrestres. La mode ne flotte plus dans une bulle, elle redescend au niveau de ceux qui la portent au quotidien.

Prada et la jupe comme réponse politique

Autre exemple frappant : chez Prada, les 63 looks présentés arboraient tous une jupe, longueur genou, légère. Ce choix intervient dans un contexte politique tendu, alors qu'une figure de l'extrême droite italienne préconise la jupe à mi-mollet, la jugeant garante des « filles de bonne vertu ».

Sophie Fontanel ne cache pas sa satisfaction : « La jupe “à la Prada” va inonder la rue, ce sera bien fait pour lui. » Une manière de rappeler que la mode peut être un terrain de résistance silencieuse, où les choix esthétiques deviennent des déclarations.

Un mouvement qui profite de la baisse des ventes

Pour la chroniqueuse, ce rapprochement entre rue et podiums doit beaucoup à un contexte économique particulier. « Ça a du bon, la baisse des ventes », lance-t-elle, suggérant que les difficultés commerciales poussent les créateurs à revenir à l'essentiel : des vêtements que l'on peut réellement porter.

Ce mouvement, s'il se confirme, pourrait redéfinir les codes des défilés. La mode ne serait plus seulement un spectacle, mais une conversation avec le quotidien, une réponse aux attentes concrètes de celles et ceux qui la portent.