Maigreur des mannequins : Maya Renaudie brise le silence
Maigreur des mannequins : le cri d'alarme de Maya Renaudie

Dans un témoignage exclusif, la mannequin mid-size Maya Renaudie a répondu à l'appel de Sophie Fontanel, qui avait dénoncé sur Instagram la maigreur excessive des mannequins lors de la Fashion Week de Paris. Son texte, publié le 12 octobre 2026, révèle les coulisses d'un système qu'elle qualifie de « perverti depuis des générations ».

Un cri d'alarme après un défilé choc

Tout commence le 2 octobre dernier. Sophie Fontanel, journaliste, sort d'un défilé parisienne, « particulièrement révoltée » par la maigreur des mannequins. Elle décrit des « robes de dentelle décolletées sur ces torses glabres aux côtes apparentes » qui font « peine à voir ». Le même jour, elle poste un court texte sur Instagram, qui devient viral avec près de 900 000 vues. Des magazines de mode, ainsi que des émissions comme « Quotidien » et « Quelle Epoque ! », le reprennent.

Dans son message, Sophie Fontanel interpelle directement le milieu : « Écoutez, gens de mode, arrêtez avec les mannequins trop maigres. [...] Encouragez ces filles à manger un peu, bordel. » Elle établit un lien entre cette « tristesse de la maigreur » et des « magasins déserts », appelant à un changement « par amour de l'argent » si ce n'est « par amour de la vie ».

Le témoignage de Maya Renaudie : un système pervers

Parmi les nombreuses réactions, le mail de Maya Renaudie, mannequin mid-size (environ un 40), a particulièrement touché Sophie Fontanel. Son analyse est sans concession. Elle explique que les mannequins n'ont « pas d'autre choix que de se faire à ce que les clients attendent ». « Tu ne te plies pas, tu ne bosses pas », résume-t-elle, soulignant que la plupart des filles ont besoin d'argent, ont des prêts ou viennent de familles dans le besoin.

Maya Renaudie détaille les pratiques extrêmes : manger du coton, prendre de l'Ozempic, fumer, éviter l'alcool, et s'empêcher de manger pour faire 86 cm de tour de hanches. « Tu fais 88 ? Tu défiles pas. » Elle-même mesure 100 cm de tour de hanches et porte du 38/40. Elle évoque aussi des rumeurs sur des top models qui prendraient des hormones pour arrêter leur croissance, donnant envie aux plus jeunes de tenter le même chemin.

Le marketing de l'inclusion : un leurre

La mannequin dénonce une « opération marketing » derrière la présence de mannequins curvy sur les podiums. Elles deviennent des « trophées » pour les marques qui affichent leur inclusivité, comme elles l'ont fait avec les personnes noires et asiatiques, tout en excluant les personnes arabes, trans ou non-binaires, selon elle. Les mid-size, elles, sont jugées « trop entre les deux », « trop bâtard » à habiller.

Maya Renaudie pointe aussi la difficulté de faire des vêtements sur mesure, et la réticence des marques à payer des « petites mains ». Les mannequins plus-size doivent être « toniques », issues de minorités, et prouver que leur corps n'est pas gros par choix. « Tu es exotique, noire et curvy, alors tu remplis les cases », résume-t-elle, évoquant une « fantasmagorie coloniale » persistante.

Une uniformité politique et des pressions constantes

Pour elle, cette uniformité des corps est « politique » : « lorsqu'on voit à quel point l'extrême droite monte au pouvoir, il ne faut pas s'étonner de voir ce qu'il en résulte ». Elle établit un parallèle entre les corps industrialisés et la restriction des droits des femmes. Les castings, dit-elle, ne sont pas dictés par cette politique mais « en sont le reflet ».

Maya Renaudie raconte son parcours personnel : sexualisée dès 12 ans, encouragée à perdre 10 kg entre 16 et 18 ans, agressée physiquement à 20 ans, et conseillée à 29 ans de subir un lifting de la poitrine. Elle affirme n'avoir « jamais perdu de poids pour ce métier » et avoir appris à s'aimer pour elle-même, malgré les obstacles.

Elle conclut son message par un appel à la responsabilité collective : « La maigreur maladive est un fléau. Ensemble, on peut faire bouger les choses. » Elle exhorte les clients à s'insurger, les journalistes à dénoncer, et les directeurs de casting à éduquer leur clientèle. « Je ne quitte pas ce métier pour la beauté qu'il est, pour les créatifs, pour l'inspiration quotidienne qu'il apporte. Parce que si je pars, qui parlera ? »