Jean-Marc Morandini se retire de CNews pour apaiser la crise médiatique
Morandini quitte CNews pour calmer la polémique

La pression devient trop forte pour Jean-Marc Morandini sur CNews

Politique, médiatique et interne, la pression de la cocotte-minute était devenue insoutenable. C'est par un message bref, presque clinique, posté sur le réseau X, que Jean-Marc Morandini a fini par lâcher prise, dans l'espoir, dit-il, d'éteindre le feu. Il a, selon ses propres termes, « proposé ce jour à la direction de CNews de [le] retirer de l'antenne » afin de « rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction » de CNews. En réalité, pour éviter que l'incendie ne ravage tout l'édifice médiatique.

Un retrait marquant dans la galaxie Bolloré

Le retrait de l'antenne de Jean-Marc Morandini, présent avec son Morandini Live depuis qu'iTélé s'était transformée en CNews en 2017, marque un tournant dans la polémique dans laquelle était empêtrée une partie de la galaxie médiatique de Vincent Bolloré depuis quelques semaines. Ce dernier avait décidé avec le directeur de CNews, Serge Nedjar, de maintenir à l'antenne l'animateur, pourtant définitivement condamné pour des faits de délinquance sexuelle. La Cour de cassation avait condamné Jean-Marc Morandini à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour corruption de mineurs.

L'estocade de François-Xavier Bellamy et le départ de Sonia Mabrouk

Ce lundi matin, une scène a cristallisé l'embarras. Invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1, une interview diffusée en simultané sur CNews, François‑Xavier Bellamy lance directement à l'adresse de Jean-Marc Morandini : « Partez ! Démissionnez ! ». L'eurodéputé LR explique alors ne « pas [être] juge », mais estime que, s'il ne veut pas « abîmer le travail » de la rédaction, Morandini doit « avoir la décence de partir ».

Sonia Mabrouk répond : « Vous dites que chacun écrit sa vie et prend ses responsabilités, j'ai pris les miennes », ajoute-t-elle, en soulignant que les propos de son invité ont « un écho important ». En claquant récemment la porte de CNews, la journaliste avait transformé un malaise diffus en crise ouverte. Son départ a agi comme un signal. Ce qui se murmurait en coulisses pouvait désormais se dire à voix haute.

L'inconfort grandissant au sein de CNews et des médias

Ces derniers jours, d'Eugénie Bastié à Geoffroy Lejeune du Journal du Dimanche, plusieurs visages de l'antenne auraient fait part, publiquement ou en privé, de leur inconfort. « Je suis aux côtés des victimes » avait lancé Laurence Ferrari dans un entretien au Parisien, le 25 janvier, après que Pascal Praud exprimait sa solidarité avec Sonia Mabrouk, saluant les « mots justes » employés pour dire son malaise face au maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini.

Même son de cloche au JDD. Le Journal du dimanche n'a pas hésité non plus à prendre parti. Dans une brève de la rubrique « Mauvaise semaine » publié dimanche 1er février, l'hebdomadaire écrit qu'il « se tient aux côtés des victimes, qui assurent être profondément blessées par le maintien de Jean‑Marc Morandini à l'antenne. » La phrase est relayée publiquement par Philippe de Villiers, figure de CNews, qui dit s'y associer.

Une tentative d'apaisement et les conséquences de l'indignation

En proposant lui-même d'être retiré de l'antenne, Morandini tente de se présenter comme celui qui apaise et évite d'être « débarqué ». Pour CNews et Serge Nedjar, accepter ce retrait doit permettre de calmer les équipes et d'éviter la contagion. Cependant, le mal est fait, notamment vis-à-vis de milliers de téléspectateurs de la chaîne.

« L'affaire Morandini » aura, quoi qu'il en soit, montré que, dans l'univers des chaînes d'opinion, l'indignation qui est souvent un carburant peut se transformer en acide, rongeant la crédibilité et la cohésion interne. Jean-Marc Morandini conclut son message par : « Je regrette profondément de devoir prendre cette décision mais je pense qu'elle est indispensable pour retrouver le calme et la sérénité », marquant ainsi la fin d'un chapitre tumultueux pour CNews.