Une première chose frappe : la prédominance des femmes. De toute évidence, ce sont elles qui sont à la manœuvre. Sur scène, elles sont cinq à donner le coup d’envoi de ces « États généreux des auteurs et autrices », ce mercredi 13 mai, au théâtre de la Concorde à Paris : Anne Berest, Virginie Despentes, Tania de Montaigne, Colombe Schneck et Vanessa Springora.
Ces écrivaines font partie des plus de trois cents auteurs et autrices à avoir annoncé leur intention de quitter Grasset suite au limogeage brutal de son PDG, Olivier Nora, par le milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré. C’était le 14 avril, il y a presque un mois jour pour jour.
En un mois, ce groupe qui communique abondamment sur une boucle WhatsApp – moquée et étrillée dans le « Journal du Dimanche », propriété de Bolloré – n’a pas chômé : tribunes, propositions de lois, création d’un site Internet, consultations d’avocats, préparation d’un ouvrage collectif…
Et aujourd’hui, ces États généreux, conçus comme un espace de réflexion sur l’avenir du secteur de l’édition, dominé par un milliardaire d’extrême droite. Une sacrée leçon de politique pour la gauche, qui peine souvent à s’organiser et à proposer des alternatives concrètes.
Les autrices et auteurs présents ont insisté sur l’importance de la solidarité et de l’action collective. Ils ont appelé à ne pas se laisser diviser par les stratégies de l’adversaire, et à construire des modèles économiques alternatifs, fondés sur l’indépendance et la diversité.
Cette mobilisation montre que la résistance peut prendre des formes créatives et déterminées, loin des discours convenus. La gauche aurait tout à gagner à s’en inspirer, pour reconquérir les esprits et les cœurs.



