Dans une tribune publiée par Libération, l'écrivaine Jakuta Alikavazovic s'interroge sur le phénomène de la déconnexion volontaire, qui séduit de plus en plus d'individus en quête d'un rapport au temps plus authentique. Elle compare ces « aventuriers du temps perdu » à des explorateurs modernes, cherchant à échapper à l'emprise des écrans et des notifications.
Le paradoxe de la déconnexion
Alikavazovic souligne le paradoxe inhérent à cette démarche : pour se déconnecter, il faut souvent passer par des outils numériques, comme des applications de suivi ou des forums de discussion. Cette contradiction interroge sur la véritable nature de cette quête. Est-ce une rébellion contre la technologie ou une simple adaptation à ses excès ?
Une quête de sens
L'auteure perçoit dans cette tendance une recherche de sens dans un monde où le temps semble s'accélérer. La déconnexion deviendrait alors un moyen de retrouver une temporalité plus humaine, rythmée par les saisons et les interactions réelles, loin du flux incessant de l'information.
Elle note également que cette pratique reste souvent l'apanage de privilégiés, capables de s'extraire temporairement des contraintes professionnelles et sociales liées au numérique. Une réflexion qui invite à repenser notre rapport collectif à la technologie.
Jakuta Alikavazovic conclut sur une note d'espoir, suggérant que ces expériences individuelles pourraient ouvrir la voie à une transformation plus large de notre société, où le temps retrouvé deviendrait une valeur commune.



