Chanteur, avocat, militant… Qui sont ces créateurs de contenu gardois qui cartonnent sur les réseaux sociaux ? Hugo Desserts, Masha Sexplique, Le jeune engagé ou encore Pourquoi pas Johanna réunissent des millions d’abonnés sur les réseaux. Midi Libre est parti à la rencontre des Gardois du net. Maxence, Masha Sexplique, Hugo Desserts… ces passionnés qui ont su faire leur place dans l’espace numérique pour parler art, éducation sexuelle ou encore droit du travail.
Maxence, créateur d’opportunités
“Internet, soit on y traîne beaucoup, soit on y produit beaucoup”, explique Maxence Lapérouse. Né à Nîmes, Maxence se consacre aujourd’hui à la musique et à la comédie. Mais l’ancien créateur de contenu gardois reste très populaire chez ceux qui l’ont connu via internet il y a quelques années, sous le pseudo Maxenss. Tout est parti de son groupe de musique du lycée. Les adolescents partageaient leurs créations sur les réseaux sociaux, en même temps qu’il postait des vidéos humoristiques sur internet. “Les gens pensent souvent que j’ai commencé en faisant des blagues sur internet avant la musique, mais en réalité j’ai fait les deux”, témoigne l’artiste. Il enchaîne ensuite avec des chansons absurdes ou reprises, collabore avec des stars des réseaux comme Squeezie ou Seb la Frite. Grâce à son succès numérique, il vit désormais de ses passions, en enchaînant casting et composition. “Ma visibilité m’a ouvert les portes des directeurs de castings et tout s’est fait comme ça”. Pour Maxence, 1,15 million d’abonnés sur Youtube, les réseaux sociaux sont une façon créative de faire sa publicité et de partager ses créations, ses humeurs. “Le fonctionnement médiatique a changé, aujourd’hui on porte chacun notre propre voix.” Car si l’espace numérique fait aujourd’hui pleinement parti de notre quotidien, c’est aussi “plein de nouveaux métiers à adopter”.
Arthur Dubois, créateur de musique onirique
“Si ça plaît tant mieux et si ça ne plaît pas tant mieux aussi, parce que mon objectif c’est de créer une réaction”, explique Arthur Dubois, batteur et compositeur. Pendant le confinement, le batteur et compositeur originaire de Nîmes met en place une routine qui lui permet de continuer à créer et à se produire, même à domicile. Chaque matin, il met son réveil, compose, tourne, poste, et recommence le lendemain. Sa recette du succès ? “Je fais toujours le même type de contenu, je m’habille toujours en blanc devant un fond noir. Et surtout, je poste toujours les jeudis et dimanches, à la même depuis trois ans.” Et s’il utilise ses réseaux comme carte de visite pour diffuser son travail, il espère aussi avoir un impact sur les gens qui entendent sa musique. “Mon intention c’est juste de me faire plaisir et d’inspirer un peu les gens, de montrer différentes facettes de l’instrument. Et ça me sert aussi de tremplin”, précise le musicien, qui, grâce à son talent et sa notoriété (1,1 million de followers sur Instagram), participe à la production de certaines musiques de films.
Hugo Desserts, créateur de délices
“Je suis le pâtissier de La Table du 2 et je vous livre plus ou moins toutes mes recettes”, c’est ainsi que Hugo Zeldine, ou plutôt “Hugo Desserts”, se définit. Refusé en CAP Pâtisserie à cause de sa dyslexie, il intègre malgré tout la prestigieuse Table du 2 à Nîmes à seulement 20 ans. Pendant le Covid, il commence à faire de courtes vidéos pour transmettre le savoir-faire à son équipe. “Ma collègue m’a dit ‘Tout ce travail autant le poster’, donc j’ai commencé à les mettre en ligne”, explique le chef pâtissier. Sa première vidéo a su trouver son public puisqu’elle a rapidement atteint les 10 000 vues. Et à partir de cet instant, son aventure numérique a démarré. Sa passion première reste la pâtisserie. “Le restaurant ça me permet de pratiquer, m’améliorer et échanger avec clients”. Mais le chef pâtissier, qui compte plus de 382 000 followers sur Instagram et plus de 432 000 sur TikTok, ambitionne tout de même d’ouvrir une chaîne Youtube à l’avenir. Il souhaite également sensibiliser sur la dyslexie, un handicap invisible qui touche de nombreux enfants et leurs parents. “On ne se rend pas compte de la difficulté que c’est. La fatigue n’est pas du tout considérée parce que c’est un handicap invisible. Mais ça donne aussi une certaine sensibilité, une créativité. Et aujourd’hui, c’est la création de contenu qui m’a donné confiance en moi”.
Masha Sexplique, créatrice de réponses
“Pendant le Covid j’ai fait une pause pour partager mon expérience sur internet, et au final cette pause d’un an s’est transformée en entreprise, trois marques et plusieurs livres.” À la fin de sa licence en lettres modernes, la vie de Masha prend une tournure particulière. Deux événements surviennent dans sa vie : le premier confinement, et surtout, une première grossesse. La jeune femme profite alors de cette nouvelle page pour partager son expérience sur internet. Et depuis, le chapitre de ses études ne s’est jamais rouvert. La jeune Nîmoise a suivi des formations de sexologues et professionnels de santé avant de devenir “Masha Sexplique”. Et depuis ses vidéos sur le postpartum, ses followers sont au rendez-vous (plus de 270 000 sur Instagram et 139 000 sur TikTok). Pour elle, il est plus qu’important de sensibiliser et d’informer au sujet de la sexualité. “Il s’agit de faire de la prévention sur le consentement et les IST, qui sont malheureusement en hausse, explique Masha. L’âge moyen du premier visionnage de film pornographique est neuf ans… donc qu’est-ce qu’on fait de ces enfants qui se retrouvent face à des images choquantes et qui n’ont pas les clés ?” Elle précise que, si l’importance de l’éducation sexuelle reste critiquée par certaines personnes, beaucoup d’adolescents et jeunes adultes s’entassent dans ces messages privés pour lui poser tout un tas de questions au sujet de leur sexualité. Questions auxquelles elle prend toujours le temps de répondre puisque pour elle, c’est un enseignement essentiel.
Johan Reboul, le jeune engagé, créateur de prise de conscience
L’engagement écologique de Johan Reboul lui est presque inné. Le jeune Nîmois n’a que 16 ans lorsqu’il lance une pétition contre l’huile de palme. Aujourd’hui, il en a dix de plus, et son combat ne faiblit pas. “Le jeune engagé”, c’était d’abord un site et un compte Facebook, avant de gagner en notoriété sur Instagram (176 000 followers). “J’ai commencé à faire des vidéos humoristiques pour rassembler autour de ces sujets avec un ton plus léger. Je voulais montrer que l’écologie ce n’était pas chiant ou contraignant.” Son contenu connaît un grand succès, avec aussi un livre publié en 2021 (“Le Guide du jeune engagé pour la planète”). Mais il ne compte pas s’arrêter là. “J’ai sorti un film, Shimla, où je montre comment je suis parti en Inde sans avion. Pour ce genre de long format, j’aimerais me tourner vers Youtube et le cinéma.” Rendre le train plus accessible, c’est d’ailleurs un de ses objectifs principaux. Et pour les jeunes pas encore engagés qui voudraient le devenir, il conseille surtout de se rapprocher des associations déjà existantes. “C’est important de bien s’entourer et de se renseigner sur ce qui se fait autour de soi. Et puis il faut suivre le jeune engagé, évidemment !”
Julie Rebollo, créatrice de justice
Au départ, les réseaux sociaux, ce n’était pas trop son truc. La Nîmoise d’origine est plutôt attirée par le droit. En 2019 elle devient avocate, spécialisée en droit du travail. Pourtant, aujourd’hui, elle cumule près de 100 000 abonnés sur Instagram. Son aventure sur internet commence il y a cinq ans, lorsqu’elle rencontre Fabien Forné, vidéaste et fondateur de l’agence Mediatyc. “Lorsque je l’ai rencontré, je lui ai exposé l’idée que je voulais un site internet pour le référencement, un truc classique etc. Mais Fabien m’a dit ‘On ne va pas partir là-dessus, laisse-moi faire, j’ai une idée’”. Elle commence alors à faire des vidéos, face caméra, pour transmettre de l’information juridique, que Fabien monte et publie. Et ça marche. Le compteur d’abonnés grimpe en flèche. “Peut-être parce que ça permet de casser un peu le stéréotype de l’avocat froid derrière son bureau”, explique Julie. À l’époque, elle est même l’une des premières avocates sur les réseaux sociaux en France.
Pourquoi Pas Johanna, créatrice de médiation équine
“Quand j’ai eu ma jument, j’ai commencé à filmer avec une GoPro. Et quand on voit les vidéos aujourd’hui, ce n’était vraiment pas super”, plaisante Johanna Lavalley. Celle qui exerce à Nîmes et alentours a posté sa première vidéo sur Youtube il y a 8 ans (61 500 abonnés) et rassemble aujourd’hui 12 300 abonnés sur Instagram. Le succès de ses publications en ligne lui a permis de se lancer en tant que comportementaliste équin. Ce qui était au départ son journal de bord numérique s’est transformé en chaîne de vulgarisation pour apprendre aux gens à éduquer leurs chevaux avec douceur et bienveillance.



