CBS impose la censure sur le Late Show de Stephen Colbert
Dans une déclaration choc, Stephen Colbert, l'animateur du Late Show with Stephen Colbert diffusé sur CBS à New York, a révélé que sa chaîne a exigé l'annulation de l'interview du candidat démocrate texan pour le Sénat, James Talarico. Cet incident, survenu le 16 février, intervient alors que Colbert s'apprête à quitter son poste en mai, après des années de service.
Une interdiction directe de la part des avocats de CBS
« Il devait être là, mais les avocats de notre chaîne nous ont fait clairement comprendre, en nous appelant directement, que nous ne pouvions pas l'avoir à l'antenne », a affirmé Stephen Colbert lors de son émission. Il a ajouté, avec une pointe d'ironie : « Ensuite, on m'a dit, de manière assez ambiguë, que non seulement je ne pouvais pas l'inviter, mais que je n'avais même pas le droit d'en parler. Et puisque ma chaîne ne veut visiblement pas qu'on en parle, parlons-en. »
Cette décision de CBS soulève des questions sur l'application des règles de temps d'antenne égal pour les candidats politiques, une obligation légale pour les chaînes de télévision. Historiquement, les late shows comme celui de Colbert bénéficiaient d'une exemption, mais la Commission fédérale des communications (FCC) a publié de nouvelles directives en janvier, mettant fin à cette pratique. Le président de la FCC, Brendan Carr, a même suggéré que les animateurs étaient « motivés par des considérations partisanes ».
L'interview diffusée sur YouTube pour contourner la censure
Face à cette interdiction, Stephen Colbert a choisi de publier l'interview de James Talarico sur la chaîne YouTube de son émission, une plateforme non soumise aux règles de la FCC. Talarico a rapidement partagé l'entretien sur son compte X, le qualifiant d'« interview que Donald Trump ne veut pas que vous voyez. Sa FCC a refusé de [la] diffuser. Trump a peur qu'on soit sur le point de renverser le Texas ».
Contactée par le New York Times, CBS a nié avoir « empêché » la diffusion, affirmant plutôt avoir « fourni des conseils juridiques » pour éviter une infraction aux régulations sur le temps de parole. La chaîne a précisé avoir « présenté des options sur comment le temps de parole des autres candidats aurait pu être respecté ».
Un contexte de tensions récurrentes avec CBS
Ce n'est pas la première fois que Stephen Colbert se retrouve en conflit avec sa chaîne. En juillet 2025, CBS avait annoncé la fin de son émission pour mai 2026, invoquant des « raisons financières ». Cependant, cette décision est intervenue peu après que Colbert ait qualifié de « bon gros pot-de-vin » l'accord de 16 millions de dollars entre Paramount, la maison mère de CBS, et Donald Trump. Cette critique a visiblement précipité son départ.
De plus, l'administration Trump semble cibler d'autres émissions similaires. Récemment, Brendan Carr a lancé une enquête contre The View sur ABC après l'invitation de James Talarico, bien que cette émission bénéficie officiellement d'une exemption. Carr, nommé par Trump en 2024, avait déjà évoqué la possibilité d'une enquête dans un podcast en 2025.
Une censure perçue comme une tentative de museler les critiques
Stephen Colbert a fermement condamné ces actions, déclarant : « Appelons un chat un chat : l'administration de Donald Trump veut faire taire quiconque dit du mal de lui à la télévision, parce que Trump ne fait que regarder la télé. Ce n'est donc pas surprenant que deux des personnes les plus affectées soient moi et mon ami Jimmy Kimmel. »
Jimmy Kimmel, animateur sur ABC, a également été suspendu en septembre après la mort de Charlie Kirk, suite à des pressions de la FCC. Bien que Carr ait par la suite assuré avoir été mal compris, ces incidents illustrent une tendance inquiétante à la censure dans les médias américains.
En conclusion, cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre les animateurs de talk-shows et les régulateurs, dans un climat politique polarisé où la liberté d'expression semble de plus en plus menacée.



