Un appel sans équivoque pour le départ de Morandini
Dans une intervention remarquée, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy, également vice-président des Républicains, a publiquement sommé Jean-Marc Morandini de quitter CNews. Cet appel direct a été lancé lors de l'émission de Sonia Mabrouk, diffusée simultanément sur Europe 1 et CNews le lundi 9 février 2026, créant une situation médiatique particulièrement tendue.
Le contexte d'une démission symbolique
Cet épisode survient dans le sillage immédiat de la démission de Sonia Mabrouk de CNews, annoncée le vendredi 6 février 2026. La journaliste a pris cette décision ferme en raison de son profond désaccord avec le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne de la chaîne, malgré ses condamnations définitives pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel. Il est important de noter que Sonia Mabrouk conserve cependant son poste à Europe 1, démontrant ainsi la spécificité de son geste protestataire.
Malgré cette démission, CNews a choisi de codiffuser l'interview de François-Xavier Bellamy que la journaliste réalisait pour Europe 1 depuis les locaux de la radio. Avant son départ, l'interview quotidienne de Sonia Mabrouk était traditionnellement filmée dans les studios de CNews et diffusée conjointement par les deux médias, tous deux appartenant à l'empire du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Un plaidoyer pour la conscience et la responsabilité
Alors que l'entretien portait initialement sur le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein et ses connexions avec des personnalités françaises, François-Xavier Bellamy a saisi l'occasion pour adresser un message fort à Sonia Mabrouk. « Je voudrais vous dire merci pour le courage que vous avez eu […] de rappeler que c'est la conscience qui doit l'emporter à la fin », a-t-il déclaré, saluant ainsi sa décision de démissionner.
Le politicien a ensuite interpellé directement Jean-Marc Morandini, sans détour ni ambiguïté. « M. Morandini, je ne suis pas juge, vous avez déjà été jugé et vous avez été condamné. Je n'ai rien contre vous mais la seule chose que j'ai à vous dire, c'est : partez, démissionnez ! ». Il a poursuivi en insistant sur l'impact de la présence médiatique de l'animateur : « Vous avez certainement le droit de continuer d'écrire votre vie mais cela n'implique pas pour autant qu'il faille imposer, en particulier aux victimes et à tous ceux dans notre pays qui ont été victimes d'atteintes sexuelles quand ils étaient mineurs, le sentiment que vous êtes parfaitement indifférent à la souffrance que vous avez causée ».
Le parallèle avec l'affaire Lang et la réponse de Mabrouk
François-Xavier Bellamy a établi un parallèle significatif avec le cas de Jack Lang, ancien président de l'Institut du monde arabe, qui avait démissionné de ses fonctions après avoir été mis en cause pour ses liens avec Jeffrey Epstein. « Il n'y a aucune raison qu'on ait des indignations à géométrie variable », a-t-il affirmé, appelant par ailleurs l'animateur « à ne pas abîmer le travail » de la rédaction de CNews.
À l'issue de ce plaidoyer, Sonia Mabrouk a répondu à son invité avec des mots mesurés mais fermes. « Vous dites que chacun écrit sa vie et prend ses responsabilités, j'ai pris les miennes et je pense que vos propos ont un écho important », a-t-elle déclaré, validant ainsi la portée de l'intervention de l'eurodéputé.
Le lourd passif judiciaire de Morandini
Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, concernant des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Pour ces faits graves, il a écopé de deux ans de prison avec sursis et se voit frappé d'une interdiction définitive d'exercer toute profession en contact avec des mineurs.
De plus, l'animateur a renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans une autre affaire, la rendant ainsi définitive. Dans ce second dossier, il a été reconnu coupable en appel en janvier 2025 d'avoir « usé de pressions pour obtenir un acte sexuel » de la part d'un jeune comédien, et condamné à 18 mois de prison avec sursis. Ces éléments judiciaires pèsent lourdement sur la légitimité médiatique de l'animateur et alimentent le débat sur sa présence à l'antenne.