François Zumbiehl décrypte l'art de la corrida : entre esthétique et patrimoine
Zumbiehl analyse la corrida : art, esthétique et patrimoine

L'analyse approfondie de la corrida par François Zumbiehl

Dans ses chroniques pour Sud Ouest, l'écrivain et anthropologue François Zumbiehl revient sur la genèse, le développement et les clés anthropologiques de la corrida. Il souligne que les passes, bien que structurées, offrent aux toreros une grande latitude d'interprétation pour y imprimer leur marque personnelle.

Les deux mouvements fondamentaux du toreo

Zumbiehl ose affirmer que le toreo, de cape et de muleta, se réduit dans son esthétique à deux mouvements principaux et opposés, pris au sens musical du terme.

  • Le « largo » : Le corps du torero, souvent avec les jambes ouvertes en « compas », s'incline et épouse la charge de l'animal par le bas. Il dévie légèrement le taureau, retient et conduit le leurre, transformant finalement l'action en un vol abyssal qui aspire à l'infini. La série se conclut parfois par un vol vers le haut, comme dans la passe de poitrine, où l'homme et la bête émergent à la lumière.
  • L'« allegro ma non troppo » : Le torero maintient une verticalité, accompagnant la charge plutôt que de s'y imposer. Il cherche la lenteur du parcours avec naturel, masquant son effort. Le toreo se fait au passage, sans fixation du regard, à la différence du défi introduit par Manolete en regardant les gradins.

La toile du leurre, minimale, se dérobe au taureau dans des figures comme la chicuelina ou la demi-véronique. Ces conclusions, pleines de sel, surprennent souvent l'animal, le public et même le torero, où un revers de main abandonne doucement le taureau à sa charge.

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La mélancolie inhérente à la beauté éphémère

Zumbiehl rappelle que cette allégresse n'est pas exempte de mélancolie, cette sensation aigre-douce qui parfume chaque geste. La beauté naît et meurt à chaque passe, une réalité que les toreros, comme Joselito avec son « sourire triste », connaissent intimement.

Première journée du patrimoine de la tauromachie à Madrid

Le lundi 2 mars, au Congrès des députés à Madrid, s'est tenue la première journée du patrimoine de la tauromachie, organisée par l'Asociación Taurina Parlamentaria. Cet événement a été rythmé par plusieurs tables rondes :

  • La tauromachie, spectacle démocratique remis en cause avec les écrivains Jose Carlos Arévalo, François Zumbiehl et Jose Luque Teruel, juge et président de la Real Maestranza de Caballería de Sevilla.
  • « Les toros et la science » avec les interventions de Julio Fernández Sanz, vétérinaire, et Fernando Gil Cabrera, biologiste.
  • Des discussions sur la tauromachie et l'écologie, ainsi que sur « la tauromachie, une création populaire » avec des figures comme Fernando Fernández Román, journaliste, et Agustín Díaz Yanes, directeur de cinéma.

Ce rendez-vous fait suite à la XIVe journée consacrée à l'élevage de toro brave et à la tauromachie, qui a débuté le 27 février à Pampelune, durant deux jours.

L'œuvre de François Zumbiehl

François Zumbiehl, écrivain et anthropologue, a consacré la plupart de ses ouvrages à l'univers de la tauromachie. Parmi ses publications notables :

  • Des taureaux dans la tête (Autrement, 1987 et 2004)
  • La tauromachie, art et littérature (L'Harmattan, 1992)
  • Manolete (Autrement, 2007)
  • Brève histoire de la corrida (Jean-Claude Béhar, 2012)
  • Ma corrida / L'Annonce faite à Séville (Au Diable Vauvert, 2024)

Son travail continue d'éclairer les dimensions culturelles et artistiques de cette tradition controversée.

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