La romancière et journaliste ukrainienne Sofia Andrukhovych ouvrira la Comédie du Livre, 10 jours en mai, le vendredi 15 mai à l'Opéra Comédie de Montpellier. Elle y présentera Amadoca, son roman-monde de plus de 800 pages consacré à la mémoire ukrainienne. Cette œuvre, parue en 2019 en Ukraine, entremêle la répression stalinienne, la Shoah par balles et la guerre dans le Donbass. Elle résonne avec une acuité particulière alors que l'autrice a choisi de rester vivre à Kiev malgré le conflit armé.
Une voix majeure de la littérature ukrainienne
Sofia Andrukhovych, également traductrice de J. K. Rowling, est considérée comme l'une des voix les plus importantes de la littérature ukrainienne. Lors de cette soirée d'ouverture, elle échangera avec le public sur son parcours et son œuvre. Le festival souligne qu'elle incarne une figure de résistance culturelle en temps de guerre.
Genèse d'Amadoca : écrire l'histoire effacée
Le projet d'Amadoca est né en 2014, après la révolution de Maïdan et l'annexion de la Crimée par la Russie. L'autrice a ressenti l'urgence de dévoiler les zones oubliées de l'histoire ukrainienne. Un séjour à Buczacz, petite ville de Galicie marquée par la Shoah et proche de sa ville natale, a profondément nourri son travail. Elle y a découvert l'effacement quasi total des traces de la communauté juive, exterminée pendant la Seconde Guerre mondiale puis occultée sous l'ère soviétique. La disparition de la mémoire est devenue le sujet central du roman.
Le titre Amadoca fait référence à un lac légendaire mentionné par l'historien antique Hérodote, qui aurait occupé une grande partie de l'Ukraine. Censé être le plus grand d'Europe, il est apparu sur les cartes jusqu'à la Renaissance avant de disparaître, symbole de la mémoire engloutie.
Se reconstruire par le récit ?
Le roman suit Romana, une femme qui tente de raviver les souvenirs de son mari Bohdan, soldat blessé et amnésique. L'œuvre interroge la possibilité de se reconstruire par le récit et questionne l'impératif de se souvenir, même lorsque la mémoire ravive les blessures. Ces enjeux seront au cœur de l'échange avec la romancière lors de cette soirée d'ouverture.
Informations pratiques
Vendredi 15 mai à 19 h à l'Opéra Comédie, place de la Comédie. Entrée libre.
Programme des autres grandes soirées
- Dimanche 17 mai à 17 h, Opéra Comédie : Prélude à l'amour, lecture-concert avec Léonor de Récondo et David Kadouch.
- Lundi 18 mai à 19 h, Centre Rabelais : La Peste noire, entretien avec Patrick Boucheron.
- Mardi 19 mai à 18 h, Maison des Chœurs : lecture avec James Sacré.
- Jeudi 21 mai à 18 h 30, Les Échelles de la Ville : lecture musicale par Nourdine Bara.
- Dimanche 24 mai à 18 h 30, Opéra Comédie : rencontre de clôture entre Elias Sanbar et Élie Barnavi.



