Dans son nouvel ouvrage « Le Divan des femmes » (Seuil), l'historienne Elisabeth Roudinesco met en lumière le rôle fondamental des femmes dans l'histoire de la psychanalyse. Souvent reléguées au second plan par l'historiographie traditionnelle, elles ont pourtant été des actrices essentielles de l'aventure freudienne dès ses débuts vers 1896 dans la Mitteleuropa.
Des cas cliniques aux théoriciennes
Les femmes ont d'abord été des cas cliniques pour Sigmund Freud, mais elles sont rapidement devenues analystes et théoriciennes. Malgré un milieu empreint de misogynie, elles ont su s'imposer, parfois en reproduisant les schémas de domination, mais surtout en innovant. Roudinesco propose une galerie de portraits vivante et diversifiée, redonnant vie à ces figures méconnues.
Un complément à l'histoire de la psychanalyse
Ce livre vient compléter la grande « Histoire de la psychanalyse en France » de l'auteure. Interrogée sur ses motivations, Elisabeth Roudinesco explique que le fait d'être fille de psychanalyste (sa mère, Jenny Aubry, était médecin et psychanalyste pour enfants) a joué un rôle, mais que c'est surtout l'époque actuelle qui l'a poussée à écrire cet ouvrage.
Lors du 15e congrès international de psychanalyse à Paris en 1938, des figures comme Melanie Klein et Anna Freud étaient présentes, aux côtés d'Ernest Jones, ami et biographe de Freud. Ces femmes ont permis l'exploration de l'inconscient et l'exportation mondiale de la psychanalyse.
L'article original est réservé aux abonnés, mais cette synthèse offre un aperçu de la richesse de ce travail historique.



