Mémoires de Gisèle Pelicot : un témoignage poignant sur l'affaire des viols de Mazan
Ce mardi 17 février 2026, les librairies du monde entier accueillent un ouvrage exceptionnel : "Et la joie de vivre", les mémoires de Gisèle Pelicot. Ce livre, rédigé en collaboration avec la journaliste et romancière Judith Perrignon, marque un tournant dans le récit de l'affaire des viols de Mazan, dont Gisèle Pelicot fut la principale victime.
Un récit à la première personne
Publié aux éditions Flammarion, l'ouvrage débute le 2 novembre 2020, jour où Gisèle et son mari Dominique Pelicot sont convoqués au commissariat de Carpentras. Interrogée sur son époux, Gisèle le décrit initialement comme "bienveillant, attentionné. Un super mec". Quelques minutes plus tard, son univers s'effondre lorsqu'elle apprend qu'il l'a "violée et fait violer par des inconnus pendant des années".
La volonté de comprendre
Tout au long des pages, Gisèle Pelicot insiste sur sa quête de compréhension face à "la descente aux enfers" orchestrée par son ex-mari. Elle évoque Dominique Pelicot comme un "gosse amoché" ayant grandi à "l'ombre du tyran paternel", puis décrit ses déboires professionnels qui ont précipité la famille au bord de la banqueroute.
Le procès historique d'Avignon
Le livre alterne entre récit personnel et compte-rendu du procès tenu à Avignon entre décembre 2024 et octobre 2025. Gisèle Pelicot raconte comment, en 2017, "la cadence des viols s'est accélérée", Dominique étant alors "pleinement connecté aux pires types, aux pires fantasmes". Lorsque le tribunal condamne le père de ses trois enfants à 20 ans de réclusion, elle confie : "je n'ai ressenti ni joie, ni peine. C'était fait".
Un message d'espoir et de reconstruction
Contrairement à un simple témoignage victimaire, Gisèle Pelicot affirme ne pas avoir voulu écrire "un livre de victime". Elle déclare : "Je resterai celle que je suis, sans haine, incapable d'opposer les hommes aux femmes car, je le crois, nous sommes faits pour vivre ensemble". Elle exprime également son désir de revoir Dominique Pelicot en prison, considérant cette visite comme "une étape indispensable à ma reconstruction".
Une sortie mondiale exceptionnelle
"Et la joie de vivre" paraît simultanément dans 22 langues, dont l'anglais, l'allemand et l'espagnol. Aux États-Unis, l'ouvrage est intitulé "A hymn to life, Shame has to change sides". En France, le tirage initial atteint 150 000 exemplaires. Gisèle Pelicot entamera prochainement une tournée internationale, avec des apparitions à Londres, Hambourg, Berlin, Munich, Madrid, Barcelone, ainsi qu'en Italie, au Canada et à New York.
Dans une interview à "La Grande Librairie" sur France 5, Gisèle Pelicot a souligné l'importance de ce procès pour "parler de la soumission chimique", qu'elle décrit comme "un outil de violence, de domination masculine". Son témoignage, à la fois personnel et universel, résonne comme un message de résilience et d'espoir.



