Jules Grison, interprète du spectacle « Et maintenant », hommage à Gilbert Bécaud, se produit ce week-end à Sanary-sur-Mer et au Cannet. Il raconte pourquoi les chansons de « Monsieur 100.000 volts » n'ont rien perdu de leur puissance. Le répertoire de Bécaud compte 650 chansons, et l'artiste affirme qu'il est « le plus repris dans le monde », même si le public ne se souvient pas toujours que ces mélodies sont de lui.
Un répertoire vertigineux au-delà des classiques
Sur scène, Jules Grison n'imite pas Gilbert Bécaud, mais il lui arrive de porter la cravate à pois, en clin d'œil. Derrière l'image du chanteur survolté, il a découvert un répertoire d'une richesse absolue et d'un contraste saisissant. « Il y a 650 chansons ! Du léger, mais du moins [léger] aussi », résume-t-il. Ce qui l'a frappé avant tout, c'est la structure des morceaux : « Ce sont des mélodies… imparables. »
Vingt-cinq ans après la disparition de Bécaud, ses chansons continuent de voyager. « Et maintenant », « Je t'appartiens », « L'important c'est la rose », « Je reviens te chercher » ont été reprises par Frank Sinatra, Elvis Presley, Bob Dylan, Nina Simone, James Brown. « Même Johnny Depp le reprend ! » s'exclame Jules Grison. Cette notoriété fait écho à une prophétie de Charles Aznavour, qui avait confié à Jules Grison que les chansons de Bécaud lui survivraient quand son propre nom s'effacerait. « Je pense qu'il a raison », souffle l'artiste, également à l'affiche de « Formidable, Aznavour ! », spectacle avec lequel il partira en tournée aux États-Unis en décembre.
Un spectacle vivant et interactif
Depuis cinq ans, Jules Grison porte cet hommage produit par Directo. Pour que le show reste vibrant, il doit éviter la copie carbone. « Je réinterprète les chansons à ma façon », prévient-il. Chaque soir, une partie du spectacle est livrée au public. « Le répertoire change tous les soirs, explique-t-il. Ils disent tout ce qu'ils ont envie d'entendre et puis on s'adapte. C'est une sorte de “N'oubliez pas les paroles” pour moi à chaque fois ! »
Les chansons de Bécaud racontent aussi les fractures de son temps. Jules Grison cite « L'Indien » : « Quand tu la chantes au Canada, tout d'un coup, ça met un blanc dans la salle. » Le public vient ouvrir la boîte à souvenirs. « 80 %, 90 % des gens qui viennent me voir après le concert, ce sont des gens pour qui ça rappelle des souvenirs », confie-t-il. Des mariages, des naissances, des amours brûlantes se cachent derrière chaque note.
Un retour aux sources en terre varoise
Ce vendredi, le spectacle est donné à Sanary, près de Toulon et des terres d'enfance de Bécaud. Les spectateurs glissent, émus : « Moi, Gilbert, je le voyais là, je le connaissais là… » Après Le Cannet ce samedi, Jules Grison reviendra à Sanary le 22 novembre avec « Douce France », un voyage de Maurice Chevalier à Charles Trenet, en passant par Aznavour, Brel et Gainsbourg. Une occasion de montrer que cette chanson à textes est d'une modernité folle. « C'est ce que les gens me disent quand ils viennent au concert : c'est une bouffée d'oxygène. »
« Et maintenant, l'hommage à Gilbert Bécaud » : vendredi 9 octobre à 20 h 30 au Théâtre Galli de Sanary-sur-Mer (tarifs 56/60 euros, renseignements au 04.94.88.53.90), et dimanche 11 octobre à 17 h à La Palestre au Cannet (tarifs 30/45 euros, renseignements au 04.93.46.48.88). « Douce France » : dimanche 22 novembre à 17 h au Théâtre Galli de Sanary-sur-Mer (tarifs 56/60 euros).