JR : « Sans cet appareil photo trouvé dans le métro, je ne serais sans doute pas devenu qui je suis »
Chapeau vissé sur la tête, lunettes noires sur le nez, JR ne montre jamais son visage. Mais depuis vingt ans, il colle celui des autres sur les murs du monde entier. Enfant de Montfermeil et de la cité des Bosquets, cet autodidacte qui n’a jamais mis les pieds dans une école d’art a pourtant fait de la planète entière son atelier : portraits géants de femmes sur les toits des favelas de Rio, visages d’Israéliens et de Palestiniens collés face à face sur le mur de séparation, détenus photographiés et exposés dans l’enceinte de la prison de haute sécurité de Tehachapi en Californie. Il a aussi fait léviter en trompe-l’œil le sommet d’une pyramide à Gizeh, ou parcouru les villages de France à bord d’un camion photographique avec Agnès Varda, collant au fil de la route les portraits des habitants sur les murs des maisons (une expérience racontée dans le film « Visages Villages », 2017, nommé aux Oscars). Engagé, JR ? Il préfère le mot « engageant » : il pose des questions, il ne donne pas de réponses.
Un déclic dans le métro
Touche-à-tout parti de rien, il doit tout au hasard : un compact argentique trouvé dans le métro à 17 ans, et l’intuition que les murs du monde entier pourraient devenir sa galerie. « Sans cet appareil photo trouvé dans le métro, je ne serais sans doute pas devenu qui je suis », confie-t-il. Un peu aussi à Christo, qui lui a montré la voie des projets fous et autofinancés. Au mois de juin, il posera d’ailleurs une installation monumentale sur le Pont-Neuf, à Paris.
Dans un entretien exclusif, JR livre ses préférences culturelles : des bonbons suédois à Naples en passant par Pina Bausch ou Sebastião Salgado. Il revient sur son parcours, ses influences et son processus créatif. « Je ne suis pas un artiste engagé, je suis engageant », insiste-t-il. Ses collages, qui résonnent depuis vingt ans sur les murs du monde entier, sont autant de questions posées aux passants.
L’installation sur le Pont-Neuf promet d’être spectaculaire. JR, fidèle à sa méthode, impliquera les habitants et transformera le monument en une œuvre d’art participative. Un projet autofinancé, comme toujours, grâce à la vente de tirages et au mécénat.
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