Gérard Bru : quand la peinture devient écriture
Gérard Bru : quand la peinture devient écriture

Le peintre Gérard Bru, dont la réputation n'est plus à faire, publie un recueil intitulé « Ce que le ciel laisse en nous », où il se sert des mots pour peindre des fragments de sa vie. « Une existence simple », précise-t-il, mais derrière cette apparente simplicité se cache un long parcours, depuis ses dessins de jeunesse jusqu'à ses premiers émois.

Un recueil né de longues nuits d'insomnie

Ce livre, rédigé pendant ses longues nuits d'insomnie, ne raconte pas seulement l'artiste. Il révèle un homme qui peint pour comprendre, ressentir et continuer à avancer, avec ce qui le traverse. C'est un voyage poétique, une plongée au cœur de l'âme, dans un monde où fragilité et force coexistent.

Tout a commencé en 1965, lorsque l'adolescent dessinait des voitures, des maisons, des formes, mais jamais de visages, trop complexes, trop insaisissables. À la découverte de l'art, il se cherche. Après l'école, il fréquente les galeries, les musées et des maîtres comme Verchuren au Triadou. Il s'imprègne, il absorbe, sans toujours comprendre ce qui le touche.

Une écriture sincère et sensible

« Et puis, moi qui dessinais en noir et blanc, progressivement, sans rupture apparente, la couleur m'est devenue nécessaire dans des aplats généreux qui feront ma signature. Que dire de mes œuvres, si ce n'est qu'elles n'existent jamais de la même manière aux yeux des autres. Elles se transforment selon le regard qui les rencontre. Tout comme évolue celui que le public peut porter sur l'artiste que je suis, qui puise ses sources dans le réel, dans l'imaginaire, dans l'invisible, pour les interpréter et les transcender… », explique ce Tréviésois de souche.

À travers une écriture sincère et sensible, Gérard Bru explore des thèmes universels : l'amour, la création, le quotidien de son atelier, sa sensibilité, la perte d'êtres chers comme son frère aîné. Entre ombre et lumière, ses écrits révèlent des émotions parfois contradictoires, témoignant d'une quête intime d'équilibre.

Un « clin d'œil » ultime

Au fil des pages, l'auteur dépose ses réflexions, ses souvenirs, ses silences, mais aussi, parfois, ses tempêtes intérieures. Le tout par petites touches : des traces, des contours, les éclats d'une réalité que la mémoire transforme. « J'ai peint ce livre avec allégresse et gourmandise, retrouvant le plaisir de la "re-création". Ce qui m'a amené à aborder ce sujet, si archaïque au temps du virtuel, de l'intime, du vert paradis, des couleurs de l'enfance… », conclut celui dont l'atelier est un merveilleux terrain de jeux, alors même qu'il n'a jamais quitté les plaisirs enfantins évoqués en filigrane dans son livre.

Ultime pudeur de l'artiste, ou plutôt « clin d'œil » ! L'ouvrage est illustré de photos de certaines de ses toiles. Ce recueil, publié alors que Gérard Bru continue de peindre, offre un regard intime sur son processus créatif et son parcours de vie, ancré à Saint-Mathieu-de-Tréviers, dans l'Hérault.