Grande dictée de Rachid Santaki : salle comble à Lunel
Grande dictée de Rachid Santaki : salle comble à Lunel

La deuxième édition de la Grande dictée organisée par Lunel Agglo, en partenariat avec la Ville et l'État dans le cadre du Contrat de ville, a fait salle comble dimanche 4 octobre à la salle Brassens. L'événement, animé par Rachid Santaki, créateur de la Dictée géante en 2023, a réuni petits et grands autour de l'orthographe, de la grammaire et de la conjugaison.

Un événement multigénérationnel et multisocial

Accueilli par Rachid Santaki, animateur de dictées depuis treize ans, et par Olfa, Fatima et Martine, chevilles ouvrières de la politique de la ville à Lunel Agglo, chaque participant a reçu une copie blanche, un support et un stylo. Les participants ont également eu droit à un livre de leur choix, une initiative qui a permis à certains de se replonger dans leurs souvenirs d'école.

La salle Georges-Brassens était comble, avec un public multigénérationnel et multisocial. Cette affluence a surpris Rachid Santaki lui-même : « Qu'autant de personnes, en famille ou seul, viennent faire une dictée un dimanche à 15 h c'est incroyable ! »

Une dictée en quatre catégories

Les participants ont été répartis en quatre catégories : la dictée des écoliers s'arrêtait au premier paragraphe, celle des collégiens et des personnes en apprentissage de la langue française au deuxième, tandis que les lycéens et adultes allaient jusqu'au bout. Rachid Santaki a insisté sur la consigne : « Une seule consigne, amusez-vous, il n'y a aucun enjeu. » Il a également rappelé que « le français est l'une des dix langues les plus compliquées ».

Le texte, composé de trois paragraphes, avait pour thématique l'eau et était le fruit d'ateliers d'écriture réalisés par plusieurs associations des quartiers prioritaires. Il a été lu une première fois par Charline et Yassine, deux élus du conseil municipal des enfants, puis par Rachid Santaki lui-même.

Un exercice exigeant mais convivial

Pour le journaliste qui a testé l'exercice, l'épreuve a été exigeante : dès le premier paragraphe, une erreur sur « à demi effacés » (tiret ajouté à tort), puis des subjonctifs perturbants au deuxième paragraphe, et des mots complexes comme « sérendipité », « nitescence », « amphigouri » et « immarcescible » au troisième. Au final, il a relevé 7 erreurs, mais a surtout retenu la bienveillance et la bonne humeur du moment.

Les participantes Ludivine et sa maman Valérie ont partagé ce sentiment : « ça met le doigt sur les règles de français qu'on oublie et ça permet de faire une activité mère-fille », a résumé Valérie.

Le texte corrigé de la dictée

Voici le texte de la dictée, corrigé : « À Lunel, les mots ont fait jaillir mille histoires. Ces récits sont nés d'ateliers où chacun a contribué. L'eau a nourri des récits à demi effacés et l'imaginaire a rassemblé les Lunellois malgré des souvenirs évanescents. Les participants se sont parlé et se sont laissé emporter par leurs histoires. Ils ont offert leurs mots aux personnages et ils ont transmis leurs idées aux différentes générations. De ces paroles pêle-mêle ont surgi des récits hétéroclites auxquels, bien qu'ils parussent incongrus, tous ont donné une voix. Bien que cette sérendipité émergeât, elle procurait une nitescence collective : l'imaginaire devenait la quintessence du partage. Face à l'anomie écologique et à l'amphigouri, cette dynamique immarcescible rappelait un enjeu essentiel : préserver l'eau, cette ressource que d'aucuns croyaient intarissable. »

Cette deuxième édition a confirmé l'attrait pour l'écrit à l'heure du numérique, et l'événement devrait être reconduit, au vu de son succès.