« Elizabeth va très bien » : un roman sur l'amour filial et les mystères familiaux
« Elizabeth va très bien » : un roman sur l'amour et les mystères

« Elizabeth va très bien » : un roman poignant sur l'amour filial et les mystères familiaux

Le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, « Elizabeth va très bien », publié aux éditions JC Lattès, se présente comme une incantation littéraire. Avec 288 pages disponibles au prix de 20,90 euros en version papier et 15 euros en format numérique, cette œuvre explore les profondeurs d'une relation mère-fils marquée par la complexité et le mystère.

Un récit intime et bouleversant

Le narrateur découvre sur Instagram la mort de sa mère, Elizabeth, avec qui il entretient un « amour un peu fou ». Cette annonce en cinquante-six caractères le plonge dans un tourbillon émotionnel, l'amenant à remettre en question la réalité même de cette disparition. Et si cette mort n'était qu'un mensonge de plus, un « interrupteur différentiel de la vérité » ? Comment croire à la fin d'Elizabeth, cette femme « effondrée, multisensible » qui souriait constamment, alors que sa vie elle-même défiait toute linéarité ?

Le portrait d'une mère insaisissable

Depuis dix ans, Elizabeth, décrite comme une sorcière irrésistible à l'odeur de santal, se dissolvait progressivement dans les limbes, au gré des « lubies qui poussent en elle ». Mère bipolaire qui « n'a plus lieu », elle était à la fois soleil – avec ses palabres, ses danses échevelées et ses proverbes inventés – et nuit. Son appartement, constellé de trappes, de pièces secrètes et de doubles fonds, devient le terrain d'exploration métaphorique de sa personnalité complexe.

Une enquête sur des circonstances troublantes

En incinérant sa mère, le fils carbonise également les raisons de sa mort, pourtant plus que douteuses. Elizabeth a été déclarée décédée de cause naturelle à 58 ans, seulement une heure après le passage d'un infirmier qui avait noté qu'elle se portait à merveille. Quatre heures avant sa mort, elle avait passé trois coups de fil à sa tutrice. Ces contradictions alimentent les soupçons du narrateur.

Pour débusquer cette fée fantasque qui essayait de se semer elle-même, le fils emprunte un couloir jonché d'embûches, ballotté d'élucubrations en mystifications. Son enquête révèle un abandon collectif : la tutrice et son assistante, le médecin traitant et l'infirmier ont tous abandonné Elizabeth, qui avait pourtant subi trois traumatismes crâniens en une seule année.

Une quête de vérité au-delà du deuil

Le récit se transforme en une traversée à l'aveugle de l'appartement maternel, cherchant à saisir non pas tant la lumière que l'ombre portée de cette mère insaisissable. À travers cette exploration, Julien Dufresne-Lamy tisse un long fil de fer tendu au-dessus du vide, évacuant la bobine cassée des non-dits familiaux.

Ce roman devient ainsi bien plus qu'une simple histoire de deuil : c'est une tentative de déchirer le voile des secrets familiaux, de rendre possibles d'autres mots au-delà des cinquante-six caractères annonçant la mort. Une œuvre qui interroge la nature même de la vérité dans les relations familiales les plus intimes.