Luis Torres de la Osa explore la beauté cruelle du tennis dans « Du revers »
« Du revers » : la beauté cruelle du tennis selon Luis Torres de la Osa

Pourquoi la boxe, et pas le tennis ? Pourquoi certains sports ont-ils autant inspiré la littérature, le cinéma et pas d’autres ? C’est l’une des nombreuses réflexions posées par Luis Torres de la Osa dans son premier livre « Du revers ».

Un titre à double sens

Le double sens du titre français est une première indication de ce que contiennent les 304 pages de cet ouvrage qui peut se « picorer » façon tapas et chapitré en cinq sets. Le titre original « Nocturno de tenis » (soirée de tennis) en est une autre : ce texte lui est venu le plus souvent la nuit. Et cela donne des fulgurances comme : « Le tennis est une valse qui s’achève sur un crime violent » ; ou celle-ci : « Le tennis – pouvons nous le dire enfin ? – c’est la vie. Qui pourrait encore le nier après avoir contemplé un tie-break et s’être laissé traverser par son crépitement électrique ? »

De l'espoir à l'écœurement

« Du revers » est aussi l’histoire de l’éloignement, puis de l’écœurement éprouvé par l’auteur vis-à-vis du tennis après en avoir été un espoir espagnol durant sa jeunesse – il a joué une finale régionale contre Juan Carlos Ferrero, futur vainqueur de Roland-Garros. C’est au moment où il se rend compte, à l’âge de 15 ans, qu’il ne percera jamais dans le milieu professionnel qu’il décide de tout lâcher au détour d’une question de sa mère, le voyant triste au petit-déjeuner.

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Une renaissance littéraire

Mais la trentaine venue, cet ingénieur qui a vécu à Prague, Pékin, Miami et Mexico commence à griffonner quelques notes sur une feuille de papier. Toutes ont trait au tennis. Cinq ans plus tard était publié « Du revers ». Le revers de Federer « le plus beau poème du monde », côtoie l’œuvre de Nabokov, et la terre battue se fait nocturne de Chopin.

Philosophie du tie-break

L’auteur philosophe sur la beauté cruelle du tie-break (« muerta subita », mort subite en espagnol). Pour lui, le tennis est la vie : un sport cruel où l’on perd statistiquement plus de points qu’on n’en gagne, et où seul le dernier compte.

« Du revers », de Luis Torres de la Osa, traduit de l’espagnol par Delphine Valentin, éd. Métailié, 304 p., 21 €, ebook 9,99 €.

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