Bernard Werber : « Ma petite famille de lecteurs » à Mouans-Sartoux
Bernard Werber : « Ma petite famille de lecteurs » à Mouans-Sartoux

Bernard Werber, romancier connu pour ses récits d'aventure philosophique, a retrouvé ses lecteurs lors de la 39e édition du Festival du livre de Mouans-Sartoux, qui se tient du 3 au 5 octobre 2026. Présent depuis plus de trente ans dans cette manifestation, l'écrivain y présente son dernier roman, « Au bord du monde », tout en réfléchissant à la place de la vérité dans nos sociétés contemporaines.

Un rendez-vous fidèle avec ses lecteurs

« Je viens ici depuis plus de 30 ans. C'est l'un des salons où je rencontre le plus de monde. D'une année sur l'autre, ce sont presque les mêmes visages : c'est ma petite famille de lecteurs », confie Bernard Werber, interrogé par Nice-Matin. Cette relation de longue date avec le public varois semble être un pilier de sa tournée littéraire, lui qui doit se rendre à Hyères dans les prochains jours.

Le thème de cette 39e édition, « Le monde en vaut la peine », inspire à l'écrivain une réflexion nuancée : « Moi je suis un pessimiste sur le court terme, et optimiste sur le long terme. C'est-à-dire que je pense que sur le court terme, tout ce qui est stupide et destructeur plaît davantage, parce que ça plaît aux jeunes, parce que c'est un peu comme du sel ou du poivre, ça a du goût, alors que la réalité est souvent fade. Mais quand l'erreur se paye cher, le réel finit toujours par revenir. »

« Au bord du monde » : une critique de la perte du sens de la vérité

Dans son dernier roman, Bernard Werber s'attaque à une question centrale de notre époque : la disparition de la notion de vérité. Il établit un parallèle avec l'allégorie de la caverne de Platon : « Jamais nous n'avons eu autant de liberté, et pourtant nous en sommes privés par manque d'esprit critique, alimenté par les versions servies sur mesure par les réseaux sociaux. »

Pour illustrer son propos, il cite l'exemple du platisme, cette théorie qui prétend que la Terre est plate. « Ça paraît être d'une bêtise évidente mais ça séduit 9 % des Français, et ce nombre est en croissance permanente », souligne-t-il. Selon lui, cette tendance s'explique par un glissement général : « Aujourd'hui, n'importe quelle stupidité passe pour une opinion, validée par l'IA et les algorithmes. Nous perdons l'évidence du vrai au profit d'une succession d'émotions. »

Un hommage à Mathias Malzieu

Le romancier a également tenu à saluer la présence de Mathias Malzieu, également invité du festival, avec qui il a collaboré. « C'est notre dernier grand poète. Il a une polyvalence extraordinaire », affirme Bernard Werber. Il rappelle que Malzieu l'a accueilli dans son théâtre des Trois Baudets et lui a conseillé de se faire accompagner sur scène par la harpiste Vanessa Francoeur. « C'est en quelque sorte le parrain de mon spectacle, V.I.E., et je lui en suis très reconnaissant », ajoute-t-il.

Le spectacle V.I.E. de Bernard Werber sera présenté vendredi 16 octobre à 20h30 au Casino d'Hyères, où l'écrivain se rendra après son passage à Mouans-Sartoux. Cette nouvelle étape varoise s'annonce comme une occasion supplémentaire pour ses lecteurs de prolonger l'échange commencé au festival.