Christine Angot, autrice de « l’Inceste », a officiellement changé de nom depuis le mois d’avril. Elle s’appelle désormais Christine Schwartz, le nom de sa mère. L’écrivaine publie « Je change de nom » (Flammarion), un court texte dans lequel elle explique ce passage d’Angot à Schwartz. Elle raconte avoir pleuré de joie en recevant le courrier administratif confirmant son nouveau nom.
Un paradoxe assumé
Le livre porte le titre « Je change de nom », mais il est signé « Christine Angot ». Interrogée sur ce paradoxe apparent, l’autrice répond avec une simplicité durassienne : « Christine Angot, je l’aime toujours. Il n’y a pas de raison de la virer. Elle n’a rien fait de mal. C’est celle des livres. Les livres ont toujours été portés par elle. Donc il n’y a pas à annuler les choses dans un autre sens. En revanche, ce qui est clair, ce nom, Christine Angot, n’a jamais été mon nom. Il a été, et il est, mon nom d’écrivain, mais je ne l’ai jamais ressenti ni à 13 ans, ni à 14, ni à 18, ni jamais, comme étant mon nom. Jamais. »
Christine Angot est née Christine Schwartz. Schwartz est le nom de sa mère, Rachel. Rachel a rencontré Pierre Angot, un « fils de famille » qui a refusé d’épouser cette femme jugée pas assez bourgeoise et trop juive à ses yeux. Il a également longtemps refusé de reconnaître leur fille.
Un geste lié à son œuvre
Ce changement de nom est le prolongement logique de son travail littéraire. L’écrivaine, connue pour ses récits autobiographiques percutants, a souvent exploré la figure paternelle et les conséquences de ce refus de reconnaissance. Ce geste fort, qui consiste à abandonner le nom du père, s’inscrit dans la continuité de ses livres.
L’ouvrage, publié chez Flammarion, est présenté comme un court texte d’une intelligence fulgurante. L’entretien avec Christine Angot a été réalisé par Élisabeth Philippe et publié le 26 septembre 2026 à 17h00. La lecture du livre est estimée à 4 minutes.
Ce changement de nom représente une décision irrévocable, mais l’autrice précise qu’elle conserve son nom d’écrivain pour ses livres. Christine Schwartz assume pleinement cette dualité : le nom légal est désormais celui de sa mère, tandis que le nom littéraire reste Angot, celui qui a porté son œuvre.