Affaire Thélyson Orélien : la littérature haïtienne, une porte de sortie
Affaire Orélien : la littérature haïtienne, porte de sortie

Dans une interview accordée à BibliObs, l'écrivain haïtiano-canadien Rodney Saint-Eloi, fondateur de la maison d'édition Mémoire d'encrier, s'exprime sur l'affaire Thélyson Orélien. Il explique que le titre du livre « C'était ça ou mourir » résonne profondément avec l'histoire d'Haïti, et que la littérature représente pour sa génération une véritable porte de sortie.

Un titre profondément haïtien

Rodney Saint-Eloi souligne que « C'était ça ou mourir » est un titre qui évoque le cri de ralliement de Jean-Jacques Dessalines après l'Indépendance d'Haïti en 1804 : « Vivre libre ou mourir ». Selon lui, ce titre est profondément haïtien et il doute que le public et les commentateurs de l'affaire aient pleinement saisi cette dimension. Il affirme que Thélyson Orélien, bien qu'accusé, est un écrivain, et qu'il a poussé un grand cri avec ce livre.

La génération de l'après-Duvalier

L'écrivain explique que Thélyson Orélien appartient à une génération de jeunes Haïtiens nés dans la tourmente de la transition après la dictature de Duvalier. Ces jeunes se retrouvent en mode survie dans un pays où le mépris a toujours été une manière de traiter les plus vulnérables. Rodney Saint-Eloi se souvient de l'arrivée au Québec de l'auteur, juste après le séisme de 2010 en Haïti, et de ce que cela représentait pour lui.

La littérature comme échappatoire

Pour Rodney Saint-Eloi, la littérature est une porte de sortie pour sa génération. Elle permet de dire ce qui est inexprimable, de témoigner de la réalité haïtienne et de résister à l'effacement. Il insiste sur l'importance de reconnaître l'humanité de Thélyson Orélien, malgré les accusations portées contre lui. « On est effrayé par la brutalité de l'exécution d'un être humain », déclare-t-il, soulignant la gravité de la situation.