Un mois après le début du scandale, des lecteurs continuent de défendre Thélyson Orélien, l'écrivain canado-haïtien accusé d'avoir utilisé l'intelligence artificielle pour écrire son roman « C'était ça ou mourir » (Grasset). Ils déplorent que l'auteur soit soupçonné de tricherie, estimant que « ce qui lui tombe dessus est injuste ».
Des lecteurs témoignent de leur soutien
Gwenaëlle, une Bretonne de Quiberon, a rencontré l'écrivain par hasard à Paris, le 24 septembre, trois jours après le début de la polémique. Avec une amie, elles marchaient vers Saint-Germain-des-Prés lorsqu'elles l'ont aperçu sur un trottoir, à deux pas du café des Deux Magots. Elles avaient lu son livre dès sa sortie et l'avaient apprécié. Elles ont donc abordé l'auteur, élégant dans un grand pull beige.
« On lui a dit qu'on avait compris son roman et qu'on le soutenait. Il a répondu que ça lui faisait du bien », raconte Gwenaëlle. « On a évoqué la possibilité de le revoir à l'occasion d'une rencontre en librairie. Il a dit “J'espère”, mais ça se voyait qu'il n'y croyait plus trop. »
Une polémique qui imprègne les conversations
L'affaire Orélien est devenue un sujet de conversation récurrent, sur les réseaux sociaux comme dans les discussions privées. Lecteurs entraînés ou occasionnels, esprits critiques ou âmes candides : tout le monde en parle. Par-delà le « shitstorm », nombreux sont ceux qui prennent la défense de l'écrivain.
Ces lecteurs ont aimé le livre dès sa parution chez Grasset, avant même que les accusations d'utilisation de l'IA ne soient rendues publiques. Ils restent sceptiques quant à la polémique et continuent de soutenir l'auteur, qui participait à la 28ᵉ édition du festival littéraire Les Correspondances à Manosque le 24 septembre, où il s'est exprimé au téléphone.
L'écrivain, qui a vu son destin basculer en quelques jours, semble marqué par l'épreuve. Ses échanges avec ses lecteurs montrent un homme touché par leur soutien, mais dubitatif quant à l'avenir de sa carrière littéraire.