Climat de terreur chez Noma : les témoignages accablants contre le chef René Redzepi
Terreur chez Noma : les accusations contre René Redzepi

Un climat de terreur dans les cuisines du Noma

De nombreux témoignages accablants émergent concernant les maltraitances qu'auraient subies des employés du célèbre chef danois René Redzepi entre 2009 et 2017. Le fondateur du restaurant Noma à Copenhague, triplement étoilé au Guide Michelin, aurait instauré une atmosphère de peur et de violence dans ses cuisines, selon les révélations publiées par The New York Times ce dimanche.

Des violences physiques et psychologiques détaillées

Jason Ignacio White, ancien responsable du laboratoire de fermentation du Noma, a partagé sur Instagram plusieurs récits édifiants. Ces témoignages décrivent des agressions tant physiques que psychologiques survenues durant les trois années où il a travaillé au sein de l'établissement danois. Un stagiaire affirme avoir été humilié pour avoir écouté de la musique techno, tandis qu'un autre aurait été moqué pour son accent.

Les violences physiques sont également rapportées de manière précise : « Il ne pouvait pas frapper les gens pendant le service, alors il les piquait sous la table avec une fourchette à barbecue », peut-on lire dans ces messages relayés sur les réseaux sociaux. Un autre ancien employé raconte avoir reçu des coups de poing dans le ventre pour une simple trace de pince à épiler laissée sur un pétale de fleur.

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Une trentaine d'anciens membres du personnel concernés

Au total, environ trente anciens collaborateurs ont confirmé qu'il était courant d'être frappé par René Redzepi ou par certains responsables de la cuisine. L'un d'eux décrit même être tombé au sol, en sang, après avoir été frappé par le chef et s'être cogné contre un comptoir en métal. Ces allégations s'ajoutent à des images déjà connues, comme celles du documentaire Noma at Boiling Point sorti en 2008, où l'on voit Redzepi crier sur ses équipes.

Alessia, aujourd'hui chef cuisinière à Londres, résume l'ambiance : « Aller travailler, c'était comme partir à la guerre ». Pourtant, le Noma était un rêve pour de nombreux professionnels et stagiaires de la gastronomie, étant longtemps considéré comme l'un des meilleurs restaurants du monde avant sa fermeture.

Des excuses jugées insuffisantes

Face aux critiques, René Redzepi a présenté plusieurs excuses publiques au fil des années. Dans un essai publié en 2015, il reconnaissait avoir été un « monstre » qui maltraitait et intimidait ses subordonnés. Récemment, il a déclaré au New York Times : « À toutes celles et ceux qui ont souffert de ma direction d'équipe, de mes erreurs de jugement ou de ma colère, je présente mes plus sincères excuses et je me suis engagé à changer ».

Le chef affirme avoir suivi une thérapie et avoir « trouvé de meilleures façons de gérer sa colère ». Cependant, plusieurs anciens employés estiment qu'il n'a jamais pleinement reconnu l'ampleur des violences subies pendant des années. Ces révélations surviennent alors que Redzepi s'apprête à ouvrir un Noma éphémère à Los Angeles le 11 mars, où les repas seront proposés autour de 1.500 dollars (environ 1.300 euros).

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