Hélène Darroze à Uzès : « Je suis ce que je cuisine »
Hélène Darroze à Uzès : « Je suis ce que je cuisine »

La cheffe étoilée Hélène Darroze, jurée de l’émission Top Chef, a été l’une des premières têtes d’affiche du festival Saveurs & Savoirs, qui se tient tout le week-end à Uzès. Vendredi après-midi, sa rencontre avec le journaliste François-Régis Gaudry, à l’Ombrière, a fait salle comble. Pendant plus d’une heure, elle est revenue sur son parcours, de la cuisine familiale dans les Landes aux plateaux de télévision, en passant par le poulet jaune de sa grand-mère Louise ou le phô découvert au Vietnam, où elle a adopté ses filles.

Un parcours entre émotion et transmission

« Je suis ce que je cuisine. Tout est intimement lié », a expliqué la cheffe, qui a d’abord suivi une école de commerce avant de rejoindre Alain Ducasse à Monaco. Elle devait rester dans les bureaux, mais elle est immédiatement descendue en cuisine. « Je pense qu’on va bien s’entendre », lui avait dit le chef aux 17 étoiles à l’issue de son premier entretien. Cette expérience lui a permis, selon ses mots, « d’arriver à assumer ma passion ».

« J’ai beaucoup de mal avec le mot succès. Ce n’est jamais gagné. J’ai la chance de faire quelque chose qui n’est presque pas mon métier, j’assouvis une passion », a-t-elle confié avec modestie. Elle a ensuite pris la suite de son père à Villeneuve-de-Marsan, dans le Sud-Ouest, avant d’ouvrir son restaurant à Paris, puis de le transformer pour créer Marsan, où elle dit être revenue « à une culture du terroir et de la famille. En vieillissant, avec la maturité, on revient aux racines ».

Une stature internationale et une autre vision du métier

C’est à Londres qu’Hélène Darroze a conquis une stature internationale, dans les cuisines du Connaught, hôtel mythique de la capitale britannique où Charles de Gaulle a séjourné en 1940. « C’est ma deuxième maison », explique-t-elle, se reconnaissant dans les valeurs de l’établissement : « l’authenticité, la générosité, l’humilité et la recherche permanente de l’excellence ». Elle a également démarré une « expérience passionnante » au Royal Mansour à Marrakech.

Pour le grand public, Hélène Darroze est avant tout la jurée de Top Chef. « On a toujours beaucoup de plaisir à se retrouver. On fait ça très sérieusement, mais on se marre », s’enthousiasme-t-elle, voyant dans cette participation une autre façon de transmettre. « On a donné une autre vision de notre métier. Il y a 20 ans, la cuisine était une voie de garage. Aujourd’hui, c’est un métier qu’on a envie de faire. Et Top Chef y est pour beaucoup ».

Un programme gourmand jusqu’à dimanche

Le festival se poursuit jusqu’au dimanche. L’un des temps forts sera l’enregistrement de l’émission de France Inter « On va déguster », consacrée au terroir gardois, avec François-Régis Gaudry et ses chroniqueurs, dimanche 11 octobre à 11 h. Samedi, au programme notamment : rencontre autour du praliné avec Brandon Dehan (11 h 30 à la librairie de la Place aux herbes), table ronde avec Olivier Couvin, Gautier Battistella et Laurent Suaudeau autour de l’héritage de Paul Bocuse (14 h à l’Ombrière), rencontre autour de la pizza avec Bartolo Calderone, Alessandra Pierini et Stéphane Solier (18 h à l’Ombrière), et soirée « A la table de Chabrol », en présence du fils du réalisateur Thomas Chabrol et du chef étoilé Olivier Roellinger (20 h au Capitole).

Dimanche, après le marché matinal sur la place aux Herbes, la fête continue avec Sébastien Rath pour une démonstration de ravioles végétales, herbes et épices (10 h, à la Loggia) et une rencontre avec le pâtissier Cyril Lignac (16 h à l’Ombrière).