Après plusieurs années d'absence sur les planches, le comédien David Ayala fait son retour au théâtre avec « De lumière », une pièce inspirée par l'univers de la tauromachie. Le spectacle, écrit par Jean-Baptiste Tur, sera présenté mercredi 14 octobre à 19 h et jeudi 15 octobre à 20 h au théâtre Bernadette-Lafont à Nîmes. Les places sont proposées entre 9 € et 23 €, avec réservation au 04 66 36 65 10.
Un retour aux racines taurines
David Ayala, qui a grandi dans le milieu taurin et est passé par l'école taurine d'Arles, raconte une partie autobiographique de sa vie dans ce spectacle. « Je suis né en Normandie. Dès l'âge d'un an, mes parents sont venus habiter à Arles. Donc, je suis arlésien », explique-t-il. Son père travaillait dans le milieu taurin, ce qui l'a conduit à fréquenter l'école taurine et à pratiquer un peu, sans jamais vouloir devenir torero.
La culture taurine a profondément marqué sa sensibilité d'artiste. « J'ai toujours gardé ce lien avec les arènes, les toros. Parfois, il s'est un peu atténué, parfois rompu, puis j'y suis revenu », confie-t-il. Il évoque notamment l'accident de Nimeño dans les arènes d'Arles en 1989, après lequel il a arrêté d'y aller pendant quatre ou cinq ans. Pour lui, « le rituel de la corrida est théâtral, il y a un rapport au sacré, à la beauté, à la violence aussi ».
Un processus d'écriture original
Le projet « De lumière » est né de la rencontre avec Jean-Baptiste Tur, qui est venu le voir alors qu'il pensait ne plus refaire de pièce. « Il a suscité du désir en me disant qu'il voulait faire un spectacle sur nos jeunesses, sur nos héritages du sud », raconte David Ayala. L'histoire suit deux hommes partis à Paris pour devenir artistes qui reviennent dans le Sud pour se réapproprier leurs origines en réalisant un documentaire sur la feria, la corrida et les jeunes toreros.
Le processus d'écriture a été particulier, nourri d'enquêtes et de témoignages. Jean-Baptiste Tur a présenté à David Ayala une jeune autrice, Azilys Tanneau, qui ne connaissait pas du tout le Sud. Pendant des mois, elle les a interrogés, puis a fictionné leurs vies. La pièce mélange les personnalités de Jean-Baptiste, de David et d'une troisième personne, avec l'image des pères, des mères et des rencontres. Une partie documentaire a également été intégrée, avec des tournages réalisés pendant six mois avec de jeunes toreros de l'école taurine.
Un regard neuf sur la tauromachie
Le travail avec Azilys Tanneau, éloignée de la tauromachie, a été important. « Elle amène un regard distant, assez neuf, elle n'était pas informée de tous les codes de la tauromachie », souligne David Ayala. L'autrice a été emmenée voir des corridas à Arles et à Nîmes, ce qui a été « un choc esthétique, émotionnel » pour elle, et cela imprègne le texte.
Le spectacle ne prend pas parti dans le débat pour ou contre la tauromachie. Joué à Paris, il a suscité des réactions fortes. « Quand les gens sortent, il n'y a pas de débat, mais plutôt un questionnement, un mystère », observe le comédien. Pour lui, ce spectacle parle avant tout de la jeunesse, de la famille, de l'héritage et de l'amour, même s'il se déroule dans un studio d'enregistrement où des personnages réalisent un documentaire sur la corrida.
Assumer ses convictions
Interrogé sur sa carrière nationale et son aficion assumée, David Ayala répond qu'il n'a jamais été censuré. « J'ai eu un passé un peu activiste, j'ai toujours affirmé mes convictions sans aucune restriction », affirme-t-il, citant son engagement avec les gilets jaunes et ses prises de position sur Gaza. Pour la corrida, il ne s'en est jamais caché, citant même son ami Podalydès dans le spectacle, avec son accord. « Il n'y a aucun prosélytisme, aucune apologie. L'émotion que les gens ressentent est universelle », conclut-il.
En marge du spectacle, une projection des films « Prends garde à toi » et « Un monde sans bête » d'Emma Benestan est prévue lundi 12 octobre à 18 h 15 au Sémaphore, 25 rue Porte-de-France à Nîmes, suivie d'une rencontre avec Jean-Baptiste Tur. Le tarif est de 5 €, avec réservation au 04 66 67 83 11.