La mezzo-soprano Victoire Bunel incarne l'enfant dans « L'enfant et les sortilèges », la fantaisie lyrique de Maurice Ravel sur un livret de Colette, qui ouvre la saison 2026-2027 de l'opéra de Toulon. La représentation a lieu le 3 octobre au Zénith de Toulon, à 14 h 30 et 20 h. Cette production est signée par l'opéra national de Lyon en partenariat avec l'Auditori de Barcelone.
Un retour attendu pour la mezzo-soprano
Victoire Bunel connaît bien Toulon pour y avoir déjà joué, notamment dans Le Couronnement de Poppée où elle interprétait Ottavie/La Vertu. Pour elle, ce nouveau rôle est une véritable excitation : « Déjà, cette musique me berce depuis très longtemps, parce que j'ai été chanteuse enfant. J'étais choriste à la maîtrise de Radio France. » Elle se souvient avoir abordé cette œuvre à l'âge de 12-13 ans, lors d'un enregistrement CD avec la maîtrise. « Revenir, et cette fois, en étant l'enfant, mais sans plus être une enfant, c'était une grande excitation », confie-t-elle.
Son affection pour la musique française a également joué un rôle déterminant. « Je fais aussi beaucoup de mélodies, de récitals. Donc, de plonger ainsi dans cette musique française, pour moi, c'était aussi un plaisir immense… C'était un appel », ajoute la mezzo-soprano.
Une mise en scène moderne et interactive
La version présentée à Toulon est née dans l'esprit de l'artiste visuel Grégoire Pont et est mise en scène par James Bonas. Victoire Bunel souligne l'implication scénique importante : « Je suis tout le temps sur scène, dans cette mise en scène absolument fantastique. L'enfant passe son temps à courir partout, à sauter, à se laisser guider par ses émotions. »
La conception repose sur un mapping vidéo projeté sur écran, qui réagit aux mouvements des artistes. « Quasiment tous les éléments de la vidéo sont ajustables. La technique peut les déplacer pour que ça soit au bon endroit par rapport à nos corps », explique-t-elle. Les actions vidéo sont déclenchées à des moments précis, soit musicaux, soit en fonction des gestes des chanteurs, rendant la représentation extrêmement vivante.
Un enfant universel et personnel
Pour interpréter ce rôle, Victoire Bunel a puisé dans ses propres souvenirs : « On se reconnecte à son enfant à soi. » N'ayant pas d'enfant, elle a aussi observé les enfants dans la rue pour nourrir son jeu. Elle décrit James Bonas comme ayant une direction d'acteur centrée sur le corps : « Quand on est adulte, on va se déhancher. On va essayer de faire des choses d'un bloc. » Elle-même se souvient d'une enfance vivante, bercée par les contes et la musique, avant de rejoindre la maîtrise de Radio France.
Les costumes, créés par Thibault Vancraenenbroeck, sont plutôt neutres pour répondre au jeu de lumières. « La plupart des images projetées sont en noir et blanc et de temps en temps on voit le feu qui prend la couleur. C'est vraiment extrêmement poétique », s'émerveille Victoire Bunel.
Une œuvre intemporelle
Créé le 21 mars 1925 par l'opéra de Monte-Carlo, « L'enfant et les sortilèges » raconte l'histoire d'un enfant égoïste et violent qui, à travers un univers fantastique où objets et animaux prennent vie, devient capable de compassion et de responsabilité. La direction musicale est confiée à Victorien Vanoosten, directeur musical de l'opéra de Toulon, avec l'orchestre et le chœur de l'opéra.
En première partie, le public pourra entendre « Petrouchka », scènes burlesques en 4 tableaux d'Igor Stravinsky, interprété en version lyrique par l'orchestre de l'opéra de Toulon. La représentation dure environ 1 heure pour « L'enfant et les sortilèges » et 35 minutes pour « Petrouchka ». Les tarifs vont de 5 euros pour les moins de 30 ans à 54 euros. Renseignements sur operadetoulon.fr.