À Correns, le centre de création et de transmission des musiques du monde Le Chantier entame sa saison 2026-2027 avec une nouvelle gouvernance. José Robaudi, président, et Sylvie Aniorte Paz, programmatrice, ont pris leurs fonctions au printemps, avec l'ambition de donner un souffle nouveau à une structure vieille de près de 30 ans, tout en restant fidèle à sa mission : susciter la curiosité et faire découvrir différentes cultures à travers la musique.
Une nouvelle équipe pour une maison en construction perpétuelle
José Robaudi, originaire de Flayosc, n'est ni musicien ni artiste professionnel. Il a rejoint Le Chantier en tant que choriste, puis a intégré le conseil d'administration. Sylvie Aniorte Paz, basée à Marseille, est chanteuse et musicienne au sein de compagnies de musique traditionnelle. Elle a déjà été usagère du dispositif de résidence avec le groupe Les dames de La Joliette. Leur point commun : Correns et Le Chantier.
« Le Chantier est une maison en construction perpétuelle, jamais immobile, où chacun apporte sa pierre à l'édifice », expliquent-ils. L'équipe est partiellement renouvelée, et ils comptent s'appuyer sur cette base solide pour relever les défis qui les attendent.
Des défis financiers et une recherche de nouveaux partenariats
Le nouveau président reconnaît que la structure a connu des heures plus vibrantes. « Depuis la Covid, elle a été ébranlée, comme d'autres. Il y a eu des changements au sein de l'équipe, il faut retrouver un équilibre », confie José Robaudi. Il souligne également une baisse significative des subventions : « Les aides publiques ont été divisées par deux en 20 ans. » Il insiste sur la nécessité de ne pas être dans la nostalgie et de passer à l'action.
Pour y faire face, plusieurs pistes sont évoquées : rechercher de nouveaux partenariats, se rapprocher de structures voisines, et organiser des sorties de résidence dans d'autres villes, tout en gardant un ancrage à Correns au sein de la Provence verte. « Notre mission est de favoriser l'émergence d'artistes natifs de ces territoires en tissant des liens avec d'autres », ajoute-t-il.
Une programmation riche et des nouveautés pour la saison
Sylvie Aniorte Paz, qui a répondu à une annonce pour devenir programmatrice, a travaillé en collaboration avec Franck Tenaille à l'élaboration de la saison. Elle décrit Le Chantier comme « un lieu très singulier. C'est petit mais vibrant comme une petite ruche qui fait du bon miel ». Elle souligne l'importance de la communauté d'artistes à Correns, où l'on peut travailler sans la tension de la ville.
Concrètement, le centre accueille quatre à cinq projets de résidence par an, du lundi au samedi. Le dernier jour est consacré à une restitution avec les scolaires ou un public particulier, suivi d'un concert public le lendemain, souvent une avant-première. Le festival Les Printemps du monde, grand temps fort, se tiendra du 14 au 16 mai 2027 pour sa 27e édition, avec la musicienne et compositrice iranienne Shadi Fathi comme marraine.
Parmi les nouveautés, la chorale MezzeM est reconduite et un nouvel ensemble de percussions, « Percussions sans frontières », sera lancé avec Nicola Marinoni, avec un atelier découverte le 5 novembre à Carcès. Les résidences mettront à l'honneur la Sicile, le Brésil et la Provence. En raison des incendies qui ont touché Correns cet été, chaque artiste en résidence sera interrogé sur son rapport à la nature, renforçant le lien entre nature et culture. Le bal sera également renoué, car « dans les périodes difficiles, il faut danser », selon la programmatrice.
Les prochains rendez-vous au Chantier
Le 8 octobre, une masterclass sur la musique de film et la musique du monde aura lieu au conservatoire intercommunal de la Provence verte, de 18h30 à 20h30. Le 9 octobre, dès 19 heures, un ciné-concert autour du film « Si seulement je pouvais hiberner » de Zoljargal Purevdash est programmé à La Fraternelle à Correns (12 euros en prévente, 16 euros sur place, tarifs réduits et gratuit pour les moins de 18 ans). Le 5 novembre, le premier atelier Percussions sans frontières se tiendra à l'auditorium du collège de Carcès (cours d'essai gratuit). Le 20 novembre, le trio féminin La Soubirane, chantant les chants mariaux de l'arc méditerranéen, sera en concert à La Fraternelle (12 euros en prévente, 16 euros sur place). Enfin, le 21 novembre, un atelier vocal de chant polyphonique est proposé à La Fraternelle (20 euros, 15 euros en tarif réduit).