« L’Armée des romantiques » : la révolte artistique du XIXe siècle sur Arte
L’Armée des romantiques : la révolte artistique du XIXe

Ce samedi 22 août à 20h55, Arte diffuse « L’Armée des romantiques », une série documentaire animée en quatre épisodes de 52 minutes, créée par Amélie Harrault. Le feuilleton retrace le parcours de jeunes artistes devenus des figures majeures de la littérature et de la peinture françaises, qui ont bouleversé les codes artistiques de leur époque.

Des débuts ambitieux dans un Paris bouillonnant

Victor Hugo, Alexandre Dumas, George Sand, Charles Baudelaire, Gérard de Nerval ou encore Honoré de Balzac : ces noms sont aujourd’hui associés au panthéon de l’art. Mais à leurs débuts, ils n’étaient que de jeunes inconnus dans leur vingtaine, animés par de grandes ambitions. Ils sillonnaient le Paris tumultueux du XIXe siècle, déterminés à se faire une place dans un monde artistique dominé par le classicisme.

La série montre leurs luttes concrètes : Alexandre Dumas cherche à conquérir la Comédie-Française, Victor Hugo affirme qu’il sera « Chateaubriand ou rien », Honoré de Balzac veut devenir le « Napoléon des lettres », tandis qu’Eugène Delacroix peint avec une fougue inédite « la Mort de Sardanapale ». Ces destins individuels sont entremêlés à la vie politique agitée de la France de l’époque, de la révolution de Juillet à la proclamation de la République.

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Une narration entre tableaux et répression

La réalisation d’Amélie Harrault, déjà connue pour « Les Aventuriers de l’art moderne » et « Mademoiselle Kiki et les Montparnos » – qui a obtenu le césar du meilleur court-métrage d’animation en 2014 –, utilise une animation 2D. Le rendu est jugé magnifique lorsqu’il s’inspire de tableaux ou qu’il donne à voir paysages et monuments, même si les visages sont moins convaincants. Le récit est narré par Cécile de France.

Le documentaire rejoue les réussites et les échecs des artistes, leurs amours, leurs amitiés et leurs paradis artificiels. On y assiste notamment à la bataille d’« Hernani », où anciens et modernes s’invectivent à coups de sifflets et d’applaudissements. George Sand mène une dolce vita à Nohant, tandis que Balzac consulte une voyante au sujet de sa relation avec la comtesse Ewelina Hańska ou imagine cultiver des ananas pour financer la Société des Gens de Lettres.

Répression, prison et exil pour les artistes

La menace de la répression est omniprésente dans cette série. Plusieurs artistes sont confrontés à la prison, comme Nerval et Daumier, ou à l’exil, comme Hugo et Dumas. Ces épisodes montrent comment la création artistique s’est déroulée dans un contexte politique instable, où les idées nouvelles étaient souvent réprimées.

La série s’appuie sur le travail de l’écrivain Dan Franck, qui a publié sur le même thème « le Roman des artistes » (Grasset, 2024). Cette collaboration apporte une dimension documentée au récit, tout en redonnant tout son romanesque à cette génération dont les idéaux subsistent encore aujourd’hui.

Théophile Gautier, dans son « Histoire du romantisme », résume parfaitement cet élan : « Une sève de vie nouvelle circulait impétueusement. Tout germait, tout bourgeonnait, tout éclatait à la fois. » Ces mots illustrent la vitalité de ce mouvement qui a marqué l’histoire de l’art et de la littérature françaises.

La série est disponible en replay jusqu’au 21 septembre 2027 sur Arte.tv. Les téléspectateurs pourront ainsi découvrir ou redécouvrir cette page essentielle de la création artistique française, à travers le regard d’une réalisation qui mêle habilement animation et documentaire.

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