Le jury du prix Renaudot a annoncé sa deuxième sélection, réduisant le nombre de livres en lice de 17 à 8 pour le volet romans. Thélyson Orélien, dont le roman « C'était ça ou mourir » (Grasset) a été au cœur d'une controverse liée à l'usage d'une IA générative, figure toujours dans la liste. En revanche, Philippe Jaenada, l'un des favoris de la rentrée avec « L'Inconnue du quai de Javel » (Flammarion), disparaît de la compétition.
Une sélection marquée par des sujets insolites
Le jury, présidé cette année par Frédéric Beigbeder, a choisi de s'éloigner des thématiques actuelles comme l'inceste ou le féminicide. Il privilégie des romans aux sujets plus inattendus. Parmi eux, « Cipango » (Zulma) de Jean-Marie Blas de Roblès, qui entraîne le lecteur dans le Japon médiéval, ou « La Méthode » (Stock) de David Djaïz, une enquête historique sur une opération d'élimination des chiens à Paris en 1910.
Le jury a également retenu « Heures sauvages » (Héloïse d'Ormesson) de Marie Petitcuénot, qui relate la performance de Marina Abramović à Naples en 1974, où l'artiste est restée immobile pendant six heures face à un public disposant de 72 objets, dont certains très dangereux. Cette œuvre explore la banalité du mal.
Le cas Thélyson Orélien
La conservation de « C'était ça ou mourir » de Thélyson Orélien interroge. Le roman, qui a reçu un accueil critique flatteur, est aussi au centre d'un scandale durable. Les jurés semblent voir de l'insolite dans la création d'un roman assistée par une IA générative, ou peut-être cherchent-ils à accompagner un livre en tête des ventes, comme le Renaudot l'a fait par le passé avec des ouvrages tels que « Charlotte » de David Foenkinos, « La Panthère des neiges » de Sylvain Tesson ou « Jacaranda » de Gaël Faye.
Ce choix permet au jury, qui apprécie la provocation, de se démarquer. Les jurés du Goncourt et du Femina ont, pour leur part, écarté Thélyson Orélien rapidement. Une troisième sélection sera dévoilée le 28 octobre, avant la proclamation du lauréat le 3 novembre.
Les listes complètes des romans et essais
Les 9 romans sélectionnés pour le prix Renaudot 2026 sont : « Minotaure » de Boris Bergmann (Albin Michel), « Cipango » de Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma), « Nos vies sauvages » de Hemley Boum (Gallimard), « Le Palais » de François-Henri Désérable (Gallimard), « La Méthode » de David Djaïz (Stock), « Un corps indocile » d'Osvalde Lewat (Philippe Rey), « C'était ça ou mourir » de Thélyson Orélien (Grasset), « Eugénie sous les bombes » d'Anne Percin (Buchet-Chastel) et « Heures sauvages » de Marie Petitcuénot (Héloïse d'Ormesson).
Les 6 essais retenus sont : « Dictionnaire amoureux du bonheur » de Jean-Paul Enthoven (Plon), « Un diamant dans les gravats » de Luz (Stock), « Mon ami Curnonsky » de Louis Michaud (Le Rocher), « L'Odyssée de l'Odyssée » de Christophe Ono-dit-Biot (Grasset), « La Guerre éternelle » d'Olivier Rolin (Gallimard) et « La Vie brute » de Joy Sorman (Flammarion).
Le jury du prix Renaudot est composé de Frédéric Beigbeder, président, Georges-Olivier Châteaureynaud, secrétaire général, et de Mohammed Aïssaoui, Patrick Besson, Dominique Bona, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Franz-Olivier Giesbert, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot et Jean-Noël Pancrazi. La plupart des livres sélectionnés seront chroniqués dans les pages littéraires du « Nouvel Obs » et sur BibliObs. La proclamation du lauréat, qui succédera à Adélaïde de Clermont-Tonnerre, récompensée l'an dernier pour « Je voulais vivre » (Grasset) avec plus de 200 000 exemplaires vendus, aura lieu le 3 novembre.