Laurent Tignol, ex-magistrat bayonnais, publie son premier roman « Les Faussaires »
Ex-magistrat bayonnais publie son premier roman

Un magistrat passionné de littérature

Laurent Tignol, figure emblématique de la justice bayonnaise, a marqué de son empreinte le tribunal correctionnel de Bayonne pendant vingt ans. Juge d'instruction puis président de cette juridiction à partir de 2014, il a pris sa retraite en 2022 à l'âge de 69 ans. Avant cela, il avait exercé comme avocat pénaliste à Toulouse pendant douze ans et présidé la cour d'appel de Pau. Son chien Titus, inséparable compagnon dans les couloirs du tribunal, reste dans les mémoires.

Reconnu pour sa droiture et son empathie, il a été décrit comme « un juge à l'écoute et empathique » dans un portrait de notre consœur Emmanuelle Fère intitulé « Le parcours d'un homme libre ». Aujourd'hui, il vit toujours au Pays basque, entouré d'amis, et cultive sa passion pour l'équitation.

Un premier roman exigeant

Laurent Tignol réalise un rêve d'enfant avec la publication de son premier roman, « Les Faussaires », paru en février 2026 aux Éditions MVO. « C'est un peu un rêve de gamin qui se réalise, car j'avais écrit mon tout premier bouquin avec un copain de 6e, ça s'appelait les aventures de Vincent… », confie-t-il.

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Le roman se déroule dans le Portugal des années soixante. Le capitaine Marc C., condamné à mort par contumace en France, est traqué. Pour l'amour d'Annabelle, il accepte de fuir et de changer d'identité, quitte à perdre son visage. Pour cette métamorphose, il fait appel au docteur Otelo Alves da Moura, chirurgien plastique alcoolique et tourmenté, retiré dans une clinique clandestine.

Une inspiration portugaise

L'auteur a découvert le Portugal lors de ses études de droit à Toulouse. Une histoire d'amour avec une poétesse, mère de sa fille, l'a lié à ce pays. « J'avais monté un projet de librairie française à Lisbonne. J'ai toujours été attiré par le côté obscur de ce pays, à la forte tradition ésotérique, qui vit sur sa grandeur passée. Le Portugal, c'est déjà l'outre-mer, la jonction entre le sud de l'Europe, l'Afrique et le Brésil. »

Le style littéraire est soutenu, volontairement lyrique, dans la veine de la littérature portugaise. L'auteur avoue avoir craint que le sujet ne soit trop ambitieux : « Évoquer des personnages qui aspirent à la vérité, cherchent à être authentiques, alors qu'ils sont coincés dans un univers de mensonges et faux-semblants… »

Un récit captivant

L'histoire se déroule dans la région granitique de Chaves. Les descriptions des paysages sont chirurgicales, rappelant les synthèses de l'instruction. Le destin réunit Annabelle et le médecin dans une station thermale oubliée, tandis que deux agents mystérieux observent chaque geste. Les masques tombent, la défiance s'installe, jusqu'à un final déroutant qui interroge : peut-on fuir son identité sans perdre son âme ?

« Les Faussaires », 279 pages, 20 euros, aux Éditions MVO.

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