« Virgin Suicides » : la signature mélancolique de Sofia Coppola
Dans une banlieue américaine des années 1970, cinq sœurs vivent sous l'emprise d'un régime quasi carcéral imposé par leur mère. Ce premier film de Sofia Coppola, tiré du roman de Jeffrey Eugenides, dépeint une tragédie silencieuse qui marque les débuts de la réalisatrice. Diffusé ce soir à 20h50 sur Ciné+ Festival et disponible à la demande sur myCANAL, « Virgin Suicides » reste une œuvre fondatrice.
Un drame familial dans l'Amérique middle-class
L'histoire se déroule en 1975 dans la banlieue de Détroit, au sein de la famille Lisbon. En apparence, tout est normal : le père, Ronald Lisbon, et ses quatre filles adolescentes mènent une vie sans heurts, typique de la classe moyenne américaine. Pourtant, c'est dans ce cocon que le drame survient, raconté vingt ans plus tard par un témoin de l'époque. Les jeunes filles, soumises à une surveillance étouffante, finissent par se suicider, révélant un désespoir profond et secret.
Ce récit mélancolique sur l'adolescence et l'absence au monde a été salué à sa sortie comme une œuvre prometteuse. Il met en place les thèmes chers à Sofia Coppola : une tragédie silencieuse, un regard désenchanté sur la condition féminine et une atmosphère de vide existentiel.
La bande-son et l'esprit Coppola
« Virgin Suicides » inaugure le petit théâtre de Sofia Coppola, un univers que l'on retrouve dans ses films ultérieurs comme « Lost in Translation » (2004), « Somewhere » (2011) ou « The Bling Ring » (2013). D'un côté, une bande-son soignée avec des morceaux de musique qui restituent parfaitement l'époque ; de l'autre, des personnages qui subissent leur vide sans pouvoir l'analyser.
La fille de Francis Ford Coppola semble avoir le blues chevillé au corps, créant des œuvres où le désespoir et la mélancolie sont omniprésents. Ce premier long-métrage, avec Kirsten Dunst, James Woods et Kathleen Turner, dure 1h30 et offre une plongée envoûtante dans un drame familial poignant.
Ne manquez pas cette diffusion sur Ciné+ Festival, une occasion de redécouvrir un film culte qui a marqué le cinéma indépendant américain.



