« Victor comme tout le monde » : Fabrice Luchini porte un film en demi-teinte
Vingt-sept ans après leur collaboration sur « Rien sur Robert », le réalisateur Pascal Bonitzer retrouve l'acteur Fabrice Luchini pour « Victor comme tout le monde », une comédie dramatique sortie en salles le 11 mars 2026. Ce film constitue une adaptation posthume d'un scénario de Sophie Fillières, épouse du cinéaste disparue en 2023, ajoutant une dimension émotionnelle particulière à cette œuvre.
Un scénario personnel et une distribution de qualité
Le film met en scène Robert, double fictionnel de Fabrice Luchini, un comédien obsédé par Victor Hugo qu'il interprète sur scène. Sa vie bascule avec le retour inattendu de sa fille Lisbeth, incarnée par Chiara Mastroianni, dont il s'est toujours tenu éloigné. Leur relation distante est symbolisée par un cadeau pour le moins singulier offert lors de son enfance : un exemplaire des « Châtiments » de Hugo.
La distribution s'enrichit également de la présence de Marie Narbonne et d'un trio de comédiennes féministes qui viennent bousculer les certitudes du personnage principal. Ces dernières n'hésitent pas à qualifier l'auteur des « Misérables » de « queutard », provoquant chez Robert une inquiétude palpable face aux mouvements contemporains comme #MeToo.
Les forces et les faiblesses du film
Fabrice Luchini livre une performance remarquable et convaincante, notamment dans les scènes où son personnage foire une représentation théâtrale ou erre mélancoliquement sur l'île de Guernesey. Le film explore avec subtilité des thèmes profonds comme le deuil, la possibilité de la perte, et la difficile transition entre l'admiration et l'amour véritable.
Malgré ces qualités, « Victor comme tout le monde » peine à trouver son équilibre. La rencontre entre l'univers de la comédie dépressive, propre à Pascal Bonitzer, et le burlesque de la douleur caractéristique de Sophie Fillières, produit une œuvre qui reste finalement un peu pâlotte. Le rythme parfois inégal et le développement des personnages secondaires laissent le spectateur sur sa faim.
Ce long-métrage de 1h28, distribué par Pyramide Distribution, constitue néanmoins un hommage touchant à la scénariste disparue. Il questionne avec intelligence les relations familiales complexes et le poids du passé, même si l'ensemble manque de la force comique ou dramatique nécessaire pour marquer durablement les esprits.



