Unchosen : une plongée dans l'enfer sectaire
« Il existe plus de 2 000 sectes au Royaume-Uni. » Cette annonce sert de carton d'introduction à la nouvelle minisérie britannique de Netflix, en six épisodes, qui nous invite dans le quotidien terrifiant d'une organisation religieuse et ultraconservatrice fictive en Angleterre. Inspirée de témoignages d'ex-membres de mouvements sectaires réels, Unchosen suit le destin de Rosie, qui a grandi au sein de la Fraternité du divin, « les élus de Dieu ».
Avec Adam, son très pieux et austère époux, et Grace, leur fille unique malentendante, elle se conforme scrupuleusement aux règles strictes de cette communauté isolée du monde extérieur. Les femmes y sont soumises à l'autorité de leur mari et cantonnées aux tâches du foyer, tandis que les hommes assurent leur protection et leur subsistance. Ceux qui dévient du chemin tracé sont durement châtiés. Trop, selon la douce Rosie, qui regrette l'isolement imposé à son beau-frère, interdit de voir sa famille pour avoir acheté un téléphone portable. Ou réprouve le comportement peu catholique du leader de la communauté envers les femmes. Ses convictions vacillantes sont définitivement ébranlées après sa rencontre avec Sam, un séduisant vagabond échappé de prison qui sauve sa fille de la noyade. Elle se prend alors à rêver de passion et d'émancipation.
Un thriller psychologique classique
Confessons-le : Unchosen pèche par ses facilités narratives et ses rebondissements parfois téléphonés. On pourrait lui pardonner cette faute si la minisérie n'abandonnait pas, en cours de route, sa foi en son passionnant sujet initial pour se laisser aller vers le thriller psychologique très classique. Trop vite, la plongée glaçante dans une communauté sectaire, l'analyse des mécanismes d'emprise et ses conséquences sur la psyché (notamment des femmes) sont reléguées en toile de fond au profit d'une intrigue criminelle efficace mais convenue. La créatrice et scénariste Julie Gearey et le réalisateur Jim Loach (fils de Ken) maîtrisent cependant assez le catéchisme sériel pour embrigader les adeptes de suspense, jusqu'au twist final. Quant aux profanes, ils peuvent se laisser convaincre par la promesse d'un honnête polar et le charisme d'un casting talentueux, Asa Butterfield et Molly Windsor en tête. Pas de quoi crier au miracle, mais suffisant pour communier le temps d'une ou deux soirées.
Unchosen, saison 1 (Netflix). De Julie Gearey, avec Asa Butterfield, Molly Windsor, Siobhan Finneran… 6 x 45 min.
Recalé : une comédie bancale mais délirante
Une série centrée sur un escroc mythomane surdoué en maths, qui accepte d'infiltrer un lycée sous couverture pour identifier l'enfant d'un mafieux, histoire de s'éviter la prison, peut-elle décrocher une place dans le top 10 de Netflix ? Vous avez cinq heures… et dix épisodes ! Il nous en a fallu un peu moins pour rendre notre copie sur Recalé, la nouvelle création originale de la plateforme de streaming, à découvrir à partir de ce samedi 25 avril.
A-t-elle réussi l'examen ? Afin de maximiser ses chances, cette comédie potache créée par François Uzan (Family Business et Lupin) et produite par Anthony Lancret (HPI) a recruté Alexandre Kominek, étoile montante du stand-up, pour incarner Eddy, prof bien malgré lui dans un établissement lillois. Le pari est payant : l'humoriste est impressionnant (et montre un irrésistible don pour les accents) dans la peau de ce sympathique arnaqueur qui se démène pour remplir sa mission sous la houlette d'une flic obnubilée, tout en essayant de reconquérir la proviseure, son amour de jeunesse.
Autour de lui, une belle brochette de comédiens – Laurence Arné, Sabrina Ouazani, Fred Testot, Gustave Kervern, Mathilde Seigner… – s'amuse visiblement dans une intrigue aussi peu crédible que la promesse d'un devoir de philosophie rédigé sans l'aide de ChatGPT. Les rebondissements sont ubuesques et la démonstration, menée à un rythme effréné, enfile joyeusement les clichés, à l'image de l'équipe enseignante de pieds cassés. Rien ne nous est épargné, de la CPE empathique mais débordée qui soigne tous les bobos à l'arnica, jusqu'à la russophile complotiste et antivax, en passant par le syndicaliste bobo prêt à soutenir n'importe quelle cause pourvu qu'elle soit woke.
Malgré – ou grâce à – ses mauvais points, cette dissertation bancale, qui mêle caricature sur l'Éducation nationale et ses absurdités (mention spéciale au passage sur Parcoursup) et comédie policière d'infiltration, se révèle fun et bien vue. Appréciation finale : peut mieux faire mais de bonnes idées. Sous réserve de la validation du public, le passage en saison 2 est encouragé.
Recalé, saison 1 (Netflix). De François Uzan, avec Alexandre Kominek, Laurence Arné, Mathilde Seigner, Sabrina Ouazani, Fred Testot, Joséphine de Meaux, Gustave Kervern… 10 x 30 min.
Une info en plus : Mercredi in Paris !
Après Emily, place à… Mercredi in Paris ! Mercredi Adams ferait-elle l'école buissonnière dans la saison 3 de la série gothique de Netflix ? C'est ce que laisse présager la première image dévoilée par la plateforme sur Instagram. On y découvre l'aimable héroïne accompagnée de La Chose dans la capitale française, aux pieds de la tour Eiffel, bien loin de l'académie Nevermore où elle est scolarisée. Quant à savoir ce qui l'amène dans la Ville Lumière, le mystère reste entier.



