« Sans toit ni loi » d'Agnès Varda projeté à Mende, un chef-d'œuvre intemporel
Le cinéma de Mende offre cette semaine une séance coup de cœur en projetant « Sans toit ni loi », un film d'Agnès Varda qui, malgré les années, n'a pas pris une ride. Cette œuvre majeure, considérée comme le meilleur de la réalisatrice, est un portrait incandescent d'une jeune femme en quête de liberté, interprétée par la débutante Sandrine Bonnaire.
Un portrait humaniste et mystérieux
Sandrine Bonnaire, dans le rôle de cette rebelle, livre une performance extraordinaire. Elle incarne tour à tour une présence fascinante, énervante, repoussante ou superbe, rendant justice à ce personnage opaque et mystérieux. Varda, avec sa profonde tendresse pour les êtres humains, réalise le plus humaniste des portraits, aimant autant son personnage que ceux qui le jugent, avec ou sans raison.
Le film, assez bavard, pointe l'impossibilité de définir cette fille en marge. La somme de témoignages différents à son sujet ne fait que révéler le mystère total de cet être trouvé mort dans un fossé. À la limite du documentaire, Varda utilise une savante mise en scène avec des travellings et des fondus au noir inoubliables, dans un décor du sud de la France à la fois sec et d'une évidente beauté.
Une émotion durable pour le spectateur
Avec une authentique pudeur, Varda donne corps et âme à cette clocharde sur laquelle on a l'habitude de détourner le regard. Elle parvient à émouvoir durablement le spectateur, créant une empathie totale avec cette douleur mise à jour. « Sans toit ni loi » reste un très grand film, qui continue de résonner avec force aujourd'hui.
Cette projection à Mende est une occasion unique de redécouvrir cette œuvre essentielle du cinéma français, qui allie esthétique poignante et message social intemporel.



