Rares sont les héros de cinéma à traverser les époques, qui se gorgent de l’air du temps (politique surtout) tout en restant eux-mêmes. Sans Stallone, point de Rocky : c’est l’acteur qui, à l’aube de sa carrière, imagina ce boxeur semi-clodo, trop vieux pour la compète de haut niveau. Sans Rocky, point de Stallone : c’est grâce au succès du film (trois Oscars dont meilleur film et meilleur réalisateur) que la future idole reaganienne accéda à la starisation en 1976.
Un drame social poignant
Il ne faudrait pas oublier « Rocky », le film, parfois enseveli sous la légende du personnage et ses nombreuses suites. Un film typiquement Nouvel Hollywood, chronique sociale macérant dans la crasse des quartiers pouilleux de Philadelphie, ode au labeur presque marxiste (si, si), puisque portrait d’un pur besogneux, travaillant sans relâche ses gammes sportives quand il opte, faute de mieux, pour la stratégie du sparadrap (collant, lourdingue) pour charmer Adrian (Talia Shire).
L’éloge de la défaite
Mais le plus beau geste de « Rocky » demeure l’éloge de la défaite, cette dignité des sans-grade que le boxeur acquiert par sa capacité à encaisser des coups plutôt qu’à en donner. Le film offre une réflexion profonde sur la persévérance et la valeur des perdants, faisant de Rocky Balboa un symbole universel de résilience.
Samedi 6 juin à 20h50 sur Ciné+ Frisson. Film d’action américain de John G. Avildsen (1976). Avec Sylvester Stallone. 1h59. (Disponible à la demande sur myCANAL).



