Le film 'Plus fort que moi' et le triomphe de Robert Amarayo aux Bafta
'Plus fort que moi' : triomphe de Robert Amarayo aux Bafta

Le film 'Plus fort que moi' et le triomphe de Robert Amarayo aux Bafta

De véritables bonnes fées se sont penchées sur le berceau de Plus fort que moi, le film réalisé par Kirk Jones. Cette œuvre a captivé un public international lorsque Robert Amarayo a remporté le Bafta du meilleur acteur, l'équivalent britannique de nos César, alors que beaucoup s'attendaient à voir Timothée Chalamet recevoir la statuette.

Une performance éblouissante et méritée

Il est clair que Robert Amarayo a largement mérité son trophée pour sa performance. Il est éblouissant dans le rôle de John Davidson, un homme ayant grandi avec le Syndrome de Gilles de la Tourette dans l'Écosse des années 1980. « Notre objectif était de mieux faire comprendre cette condition méconnue, avec l'appui du vrai John Davidson. Notre devoir était de sensibiliser le public à cette maladie neurologique, souvent moquée sans que l'on sache vraiment ce qu'elle implique », explique Kirk Jones.

Dans la peau de John Davidson

Plus fort que moi (intitulé I Swear en anglais, signifiant Je jure) suit la vie de John Davidson depuis sa naissance en 1971 jusqu'à sa lutte courageuse pour obtenir davantage de compréhension. « Quand il a commencé à être malade, on ne savait pas grand-chose de sa condition, explique Robert Amarayo. Il a subi de nombreuses brimades, que ce soit de la part de ses proches ou des institutions, parce qu'on pensait qu'il faisait exprès d'insulter les gens. » Cela donne lieu à des situations absurdes mais aussi douloureuses, où le pauvre John est puni ou frappé alors que c'est plus fort que lui. Sa vaine lutte pour tenter de se contrôler est parfaitement rendue par le comédien.

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Un rôle lourd à porter et une collaboration précieuse

« C'était un rôle très lourd à porter, se souvient Robert Amarayo, car j'avais constamment peur de trahir John. Il a été d'une générosité incroyable, m'aidant à acquérir sa gestuelle et me présentant aussi d'autres malades pour que j'appréhende mieux leurs épreuves. » Le respect et la bienveillance occupent une place capitale dans ce biopic. « John Davidson est un homme aussi courageux qu'attachant. Je restais avec lui pendant des heures à l'écouter et à le regarder, insiste Robert Amarayo. On ne peut que l'aimer, et c'est pour cela qu'il est un porte-parole idéal. »

Avec l'aide de John Davidson

Très impliqué dans le projet, John Davidson n'est pas venu souvent sur le tournage. « Il trouvait gênant pour Robert de le regarder jouer, se souvient Kirk Jones. Il ne nous a rendu visite que quand Robert n'était pas sur le plateau, et l'accueil chaleureux de l'équipe lui a fait un bien fou. » L'activiste était présent aux Bafta, où il a involontairement provoqué un esclandre en proférant des insultes racistes. « Le stress déclenche ses crises, soupire le réalisateur Kirk Jones, et la médiatisation du film est très stressante pour lui, même s'il en est ravi. Il était évidemment mort de honte après la cérémonie. » Il s'est d'ailleurs confondu en excuses, assurant que ses tics vocaux incontrôlables ne reflétaient pas ses idées personnelles.

Une vie compliquée malgré les avancées

Malgré une meilleure prise en charge du Syndrome de Gilles de la Tourette, la vie de John Davidson est plus compliquée aujourd'hui qu'il y a quelques années. « Au cours des dix ou vingt dernières années, la société a travaillé très dur pour s'assurer que les gens adoptent un langage plus respectueux, précise Kirk Jones. Le fait que certaines insultes ne passent plus du tout rend la vie des personnes atteintes du syndrome très compliquée, parce qu'ils les emploient malgré eux, sans penser à mal ni vouloir blesser quiconque. »

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Plus immersif qu'un documentaire

Plus fort que moi est utile parce qu'il rend le spectateur plus compréhensif face à la maladie, mais il s'agit aussi d'une belle aventure humaine. « J'aurais pu réaliser un documentaire, insiste Kirk Jones. Il en existe d'ailleurs d'excellents. J'ai pensé qu'une fiction permettrait de mieux comprendre ce qu'étaient la vie et le combat de John Davidson en adoptant son point de vue. » Un choix judicieux pour un film passionnant, qui met souvent les larmes aux yeux mais sait aussi faire montre d'un sens de l'humour bienvenu.