Début avril, l'annonce du tout nouveau festival bordelais Pagaille a retenti bien au-delà des frontières d'Aquitaine. La venue, vendredi 28 août, place des Quinconces, du groupe anglais The Cure est indubitablement un événement : fondé il y a près de cinquante ans, le groupe a défini les canons de la new wave anglaise et vendu depuis plus de 30 millions d'albums. La popularité de la formation conduite par Robert Smith n'a jamais fléchi. Pour preuve, plus de la moitié des 25 000 places mises en vente se sont arrachées le premier jour. Il n'en reste à ce jour que 5 000 disponibles.
Choisis par Robert Smith
Les organisateurs (Côte Ouest, Peel Productions et Sauce Prod) viennent de révéler les noms de cinq groupes et artistes qui ouvriront pour The Cure. Deux d'entre eux ont été invités par Robert Smith en personne.
Le quatuor irlandais Just Mustard est né il y a dix ans à Dundalk, ville côtière équidistante de Dublin et Belfast. Trois albums au compteur et un répertoire habité par des guitares sombres et des basses vrombissantes, sur lesquelles se pose la voix de tête de la chanteuse Katie Ball. Ses ambiances mystérieuses n'auraient pas dénoté dans le cinéma de David Lynch, et ont trouvé une dimension nouvelle en 2023, lorsque Just Mustard a ouvert pour The Cure lors de sa tournée en Amérique du Sud.
Quant au groupe anglais Slowdive, il semble avoir pris quelques distances avec le rock shoegaze de ses débuts, à la toute fin des années 1980. Reformé en 2017 après un long hiatus, Slowdive sonne aujourd'hui plus pop et planant, et déploie des paysages sonores à la noirceur psychédélique.
Web, l'ovni bordelais
Trois artistes français complètent la programmation de cette soirée XXL. Le groupe bordelais Web fera, pour beaucoup, figure d'ovni : guitares en avant, ce quartet se définit comme un boys band nouvelle génération, et conjugue les codes du rock d'hier (d'Indochine à Superbus) à ceux des esthétiques d'aujourd'hui, visuellement pop. Poupée parfaite ou Dernière cigarette ont le pouvoir accrocheur de tubes potentiels, et ont déjà capté l'attention d'un public lycéen : des passages remarqués au Printemps de Bourges et au toulousain Rose Festival en 2025, deux Barbey à guichets fermés en mars dernier… Le groupe bordelais Web a empli deux fois le club de la Rock School Barbey en mars dernier.
Noenlm
Derrière l'alias Pamela, on trouve le Français Simon Quénéa et l'Anglais Sam Sprent. Soit un duo électro très 80's, repéré lors des concerts de Zaho de Sagazan, et capable de balancer des machines à danser irrésistibles (G.R.E.A.T) comme de réinventer l'hymne Girls & Boys de Blur.
Enfin, c'est à une figure majeure de la scène electro que reviendra de clore la soirée : après le show de The Cure (qui pourrait durer plus de deux heures), Kittin livrera un DJ set. Révélée dans les années 1990 sous le nom de Miss Kittin, cette pionnière de l'electroclash compte parmi les légendes de la musique électro dans le monde.
Un samedi plus chanson
Le festival Pagaille se poursuivra le samedi 29 août, place des Quinconces. Avec une jauge réduite (autour de 15 000 spectateurs, quand même) et une programmation axée chanson, rap et electro. En cours de finalisation, elle sera révélée début mai. Le prix des places pour cette seconde journée devrait osciller autour de 45 euros.



