Olivier Azam présente son documentaire engagé sur l'histoire populaire américaine
Le réalisateur Olivier Azam, accompagné de F. Lecomte, directeur du cinéma Alain-Resnais, a présenté son œuvre cinématographique. L'événement a eu lieu au cinéma Alain-Resnais, où le public a chaleureusement accueilli ce documentaire percutant.
La figure de Trump comme leitmotiv
Le visage vindicatif et rageux de l'homme orange, Donald Trump, apparaît à intervalles réguliers sur la pellicule. Ces apparitions servent à illustrer les sombres failles de l'Histoire et la prolifération des fausses informations qui dominent désormais le débat public. Le 24 février, tard dans la soirée à Clermont, Olivier Azam, réalisateur d'Howard Zinn, une Histoire populaire américaine 2, a justifié ce choix artistique.
"Il est certain que nous n’aurions pas fait le même film si Trump n’était pas président", a-t-il déclaré. "Nous avons repris le montage du film le lendemain de son élection. Jusque-là, la recherche d’archives était complexe. Mais aujourd’hui, il faut se dépêcher car certains fichiers risquent de disparaître, on ne sait pas ce qu’il va se passer." Au cinéma Alain-Resnais, le ton était ainsi donné pour une réflexion profonde sur l'époque contemporaine.
Un engagement assumé des réalisateurs
Après ce volume 2, un troisième est déjà prévu, conservant le même esprit critique. Dans la salle, une spectatrice a souligné l'engagement prégnant des réalisateurs Daniel Mermet et Olivier Azam. Ce dernier a répondu sans ambages : "Je ne le nie pas. On ne désire pas être neutre. La neutralité neutralise, comme le divertissement fait diversion… Mais on ne fait que la moitié du travail, c’est à vous de faire le reste".
L'opus projette une lumière crue sur les mécanismes de la propagande, visant à les démonter et à gratter la poussière tapie sous les vernis de l'histoire officielle. Daniel Mermet a ajouté une formule éloquente : "Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs". Howard Zinn, décrit comme "historien des lapins", s'est dévoué à ce premier rôle, et le film reste fidèle à son ouvrage, offrant un regard sans fard sur les luttes ouvrières et la répression implacable qui y répond.
De la doctrine de Rockefeller à l'espoir des luttes
Pour mettre à nu cette guerre de positions, Azam cite la doctrine de Rockefeller : "Surtout ne pas les laisser croire que la lutte peut fonctionner". Il explique : "Aujourd’hui, beaucoup de gens sont pris comme des lapins dans les phares, ils ont l’impression que l’on ne peut rien faire". Cette situation représente, selon lui, une victoire de la propagande qui réduit les gens à la résignation.
Porteur d'espoir, ce tome 2 met également en lumière les luttes au long cours, jusqu'à leurs victoires. Il constitue un savoureux antidote à la doctrine de Rockefeller et à la morosité ambiante, invitant les spectateurs à réfléchir et à agir pour écrire leur propre histoire.



