Emmanuel Marre signe avec « Notre salut » un très grand film, audacieux et vertigineux, dont l'aïeul fut un fonctionnaire du régime de Vichy. Le cinéaste explore la banalité du mal à travers le personnage d'Henri Marre, un homme ordinaire perdu dans la foule, vêtu d'un costume trop grand, cravaté à la hâte et coiffé d'un chapeau triste.
Un M. Tout-le-Monde au cœur de l'histoire
Le protagoniste, Henri Marre, est un ingénieur sans envergure, que Sempé aurait pu dessiner au crayon noir ou que Calet aurait pu portraiturer, à hauteur d'homme, dans « les Grandes Largeurs ». Ce personnage incarne la banalité du mal, un thème central du film. Emmanuel Marre s'inspire directement de l'histoire de son propre aïeul, fonctionnaire sous le régime de Vichy, pour construire ce récit poignant.
Un film salué par la critique
Le film, dont la sortie est très attendue, a été présenté comme une œuvre majeure de la rentrée cinématographique. La critique souligne la manière dont le réalisateur parvient à rendre palpable le quotidien de cet homme ordinaire pris dans les rouages de l'histoire. Le choix de se concentrer sur un personnage falot, presque effacé, permet d'illustrer avec force comment le mal peut s'insinuer dans les vies les plus banales.
Un héritage familial douloureux
En choisissant de raconter cette histoire, Emmanuel Marre assume un héritage familial complexe. Le film interroge la transmission de la mémoire et la responsabilité individuelle face à l'Histoire. « Notre salut » se présente ainsi comme une réflexion profonde sur la nature humaine, loin des manichéismes, et invite le spectateur à une plongée vertigineuse dans les méandres de la conscience.



