Naïm Touat : de la cité Berthe à la quête du grand rôle
Naïm Touat : de la cité Berthe à la quête du grand rôle

Naïm Touat, 33 ans, enfant de la cité Berthe à La Seyne-sur-Mer, poursuit inlassablement son rêve de devenir un acteur reconnu. Entre quelques tournages mémorables, les castings et la réalité du quotidien (il est actuellement serveur à Bandol), il se confie avec la même simplicité qu'à ses débuts.

Des débuts prometteurs

Tout gamin, c'est au centre Tisot, où son père l'avait inscrit au cours de théâtre à 7 ans, qu'il a croisé son destin. Très vite, le jeune Naïm aiguise un sens de l'humour qui, dès l'adolescence, lui ouvre les portes de scènes et festivals locaux (L'impasse, Omaseyne, Côté Pont, les Tréteaux de Bourradet…). Il fait des vidéos « vraiment artisanales » sur Youtube. Son parcours créatif le pousse même à composer des morceaux de rap (deux musiques sont reprises dans la bande-son de la série italienne Il Re). Un jour, il est repéré par l'humoriste Fary, qui lui ouvre les portes du Paname Comedy Club. Puis il met un pied dans le cinéma, en 2011, avec une première apparition dans les Vacances de Ducobu, tournées à Saint-Mandrier. Parallèlement, diplômé en hôtellerie-restauration, il travaille dans divers établissements quand il ne court pas les castings. Son rêve toujours à portée de main.

De l'humour au cinéma

Interrogé sur le moment où il a bifurqué de l'humour à l'acting, Naïm raconte : « Je travaillais en Corse. Je mettais des sous de côté pour pouvoir m'inscrire au Cours Florent, à Paris. J'ai fait le stage d'accès et j'ai été pris. En 2e année, j'ai pris option cinéma… J'ai failli arrêter à cause d'un malentendu, et aussi parce que ça coûtait très cher. Mais j'avais déjà eu un petit rôle dans Lupin (série Netflix avec Omar Sy) et le directeur du Cours Florent, qui a cru en moi, m'a rattrapé. Il m'a offert la gratuité des deux dernières années. Du coup, l'argent que je ne mettais pas là, je l'ai mis dans une autre école : PAT Studio. J'ai fait deux écoles en même temps ! »

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L'expérience Lupin

On ne lui parle pas trop souvent de Lupin ? « Un peu (rire). Même si c'était super, parce qu'on a tourné dans une prison en activité, à Bois d'Arcy - c'est une expérience de vie - et parce qu'Omar Sy est quelqu'un de génial… Mais je n'étais que son codétenu, en silhouette parlante… »

D'autres rôles marquants

Quels autres rôles vous ont aussi marqué ? « Je travaillais en Corse quand a été tourné Une île (sorti en avril 2021) avec Lætitia Casta. Je me suis manifesté et j'ai été pris pour jouer un policier. Je donne la réplique à Sergi López. Le début d'une belle période ? Oui, car après, j'ai fait Il Re (Le Roi, en français, visible sur Canal +), une série italienne. Gros personnage, sur deux saisons. Dans une prison où le directeur fait ses propres lois, moi je suis dans l'aile islamiste, au début… Et mon personnage évolue, mais je n'en dis pas plus si vous ne l'avez pas vu ! En plus, j'ai dû parfaire mon italien (rire), et je devais aussi parler arabe, sauf que je suis d'origine kabyle et c'est une langue différente… mais ça passe bien ! C'était mon plus gros tournage, mais c'est un peu dommage, c'était à l'étranger. En France, c'est plus compliqué, ils prennent toujours les plus connus… Mais j'y crois. Je suis en contact avec des réalisateurs, j'enchaîne les castings… J'attends le bon rôle, la rencontre magique ou la réplique culte. Et ça viendra, j'en suis sûr. Je crois au destin. »

Un autre rôle en France

Et aucun autre rôle en France ? « Si, dans la même période, j'ai aussi fait Grand Palais Chicha Lounge (série visible sur la plateforme de France TV), où je joue un personnage gay. Je passais d'un tournage à l'autre, c'était intense. On m'a vu aussi dans une pub pour Unibet… »

Adaptabilité et optimisme

Les grands écarts de rôles ne vous font peur, on dirait ? « Surtout pas. C'est ce qu'il y a de plus enrichissant dans la vie d'acteur. Mais je crois que j'ai une réelle capacité d'adaptation. J'ai grandi dans une cité - où je vis d'ailleurs en ce moment avec ma mère, toujours au Germinal - où j'ai plein d'amis. Comme j'ai des amis aussi dans les beaux quartiers de Paris. De par l'éducation que m'ont donnée mes parents, je pense être quelqu'un de très sociable et généreux, peut-être même un peu trop parfois. C'est dans ma nature. »

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