La Vénus électrique : la comédie tendre de Pierre Salvadori ouvre Cannes
La Vénus électrique ouvre Cannes avec humour et tendresse

Quelle belle façon de commencer le Festival de Cannes ! La Vénus électrique de Pierre Salvadori est présenté ce mardi soir en ouverture hors compétition et sort simultanément en salle. Cette comédie pleine de tendresse mettant en vedette Anaïs Demoustier, Vimala Pons, Pio Marmaï et Gilles Lellouche mérite bien ce coup de projecteur. Ce petit bijou d’humour et de tendresse fait beaucoup rire et mouille parfois les yeux. On en ressort en aimant son prochain et les suivants !

Un film d'époque sur l'amour et l'illusion

Un peintre veuf inconsolable, son agent et meilleur ami, son épouse décédée (qui apparaît dans des flash-back) et une fausse médium sont les protagonistes de cette belle histoire ancrée dans le Paris de 1928. Fête foraine, hôtel particulier luxueux, expositions et atelier d’artiste constituent les décors dépaysants d’un film rythmé qui parle d’amour à tous les temps : passé, présent et futur. Pierre Salvadori nous a parlé de cette œuvre hautement recommandable quelques heures avant de monter les Marches.

Pourquoi avoir choisi de réaliser un film en costumes ?

J’en ai eu l’idée sur le tournage de Planétarium de Rebecca Zlotowski où j’incarnais un cinéaste des années 1930 fasciné par l’occultisme. Cette histoire de voyante ne pouvait se dérouler qu’à cette époque où ces pratiques étaient à la mode et moins vérifiables. De nos jours, le personnage incarné par Pio Marmaï aurait paru trop naïf de se laisser si facilement berner par celui qu’incarne Anaïs Demoustier.

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Le « baiser électrique » que pratique l’héroïne existe-t-il vraiment ?

Il y a des illustrations du baiser électrique qui remontent à peu près au XVIIIe. Mon coscénariste Benoît Graffin et moi avions cette idée de la fausse voyante qui tombe amoureuse de la personne qu’elle manipule. Ce n’est qu’après qu’on a décidé d’installer ça dans une fête foraine et qu’on s’est demandé quel serait le numéro qu’exécuterait l’héroïne. On s’est dit que ce baiser où elle fait subir une décharge électrique au spectateur qui la touche était parfait. Elle mime douloureusement quelque chose qu’elle n’a jamais vécu et cela va finir par « l’infuser » pour la faire tomber amoureuse, un sentiment qu’elle commence par refuser.

Quels souvenirs gardez-vous de vos précédentes expériences cannoises ?

Je n’y ai présenté qu’En Liberté ! à la Quinzaine des cinéastes en 2018 et cela avait été le début d’une belle aventure pour ce film. Je me souviens que la projection était géniale. Souvent, le destin d’un film est plié à 14 heures le jour de la sortie. Cannes prolonge sa vie et je sais qu’il y a déjà des réservations pour La Vénus électrique le soir de sa présentation cannoise. C’est rassurant.

Comment vous sentez-vous avant la projection de ce soir ?

On ne rentre jamais tout à fait serein dans une salle où on projette votre film. On y va toujours avec beaucoup d’excitation et d’appréhension. Comme je ne suis pas l’homme le plus serein du monde, il est clair que je ne peux pas arriver les mains dans les poches, même si je suis très heureux. La comédie, c’est une promesse et si le spectateur n’est pas heureux, s’il ne rit pas, c’est la trahison totale.

Comment voyez-vous votre mercredi matin après la projection ?

Déjà, j’aurais une grande curiosité de savoir comment se sont passées les avant-premières, puis il viendra ce sentiment qui suit les moments d’excitation, comme à la fin d’un match où on a vibré à fond. Je pense que le lendemain me paraîtra un peu fade avant de retrouver le bonheur d’une vie normale.

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