Julian Alaphilippe : une montre, un vélo et l'art d'oser
Julian Alaphilippe : une montre, un vélo et l'art d'oser

La pluie aura eu raison de la sortie à vélo prévue sur les routes de la métropole lyonnaise, mais elle n’aura rien gâché au plaisir. En ce mois de mai au climat incertain, Tudor et Maier, détaillant horloger historique de la région, invitaient la presse et leurs clients fidèles à célébrer leur nouveau point de vente lyonnais, ouvert au 97 rue du Président-Édouard-Herriot. Pour l’occasion, la maison suisse avait fait venir Julian Alaphilippe, double champion du monde sur route et nouvelle figure de Tudor Pro Cycling. En souvenir de son passage, le coureur français a laissé un vélo signé, suspendu au beau milieu de la boutique comme une pièce sculpturale.

Rien d’anodin à cela. Depuis plusieurs saisons, Tudor affirme sa présence dans le cyclisme professionnel. La manufacture à l’écu est notamment chronométreur officiel du Giro d’Italia et de l’ensemble des courses organisées par RCS Sport, parmi lesquelles Milan-San Remo, Il Lombardia ou encore les Strade Bianche. Elle s’est aussi lancée, en 2022, dans sa propre aventure cycliste aux côtés de Fabian Cancellara, double champion olympique et légende suisse du peloton, avec la création de Tudor Pro Cycling. Depuis, l’équipe n’a cessé de grandir, jusqu’à participer au Giro d’Italia en 2024, puis au Tour de France en 2025. Arrivé dans l’équipe en 2025, après plus d’une décennie passée chez Soudal Quick-Step, Julian Alaphilippe s’est engagé avec Tudor jusqu’en 2027. Nouveau membre de la famille Tudor et grand amateur de montres, le Français incarne désormais l’image de la marque et, au-delà, son mot d’ordre : Born to Dare – né pour oser –, qu’il applique volontiers à son propre parcours. Nous l’avons rencontré.

Le premier souvenir lié aux montres

Le Point : Quel est votre premier souvenir lié aux montres ?

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Julian Alaphilippe : Si je retrace mon rapport à cet objet, je dirais qu’il remonte à la montre de mon père. C’était une montre assez simple, mais je le voyais en prendre soin. Pour lui, c’était un objet important, auquel il tenait. Enfant, je me disais déjà que j’avais hâte d’avoir ma propre montre. Ensuite, le temps a passé, j’ai fait ma carrière et je me suis intéressé de plus en plus à l’horlogerie. Au fil des années, j’ai rencontré des gens encore plus passionnés que moi, qui m’ont permis d’approcher de belles pièces. Et quand j’ai pu m’offrir ma première montre – une Submariner – cela a vraiment représenté quelque chose.

Ce que représente une montre aujourd’hui

Que représente une montre pour vous aujourd’hui ?

Avant, je portais une montre surtout pour l’heure. Aujourd’hui, même si je ne la regarde pas forcément, je ne me sens pas bien si je n’en ai pas une au poignet. C’est vraiment devenu un objet que j’aime, qui fait partie de mon quotidien. Je ne suis pas matérialiste, mais je m’attache à ces petites choses-là. Une montre accompagne des moments de vie, des voyages, des victoires. Parfois, quand je pars à l’autre bout du monde, je me dis que je suis content de l’avoir avec moi. On a fait le voyage ensemble, en quelque sorte. Il y a quelque chose de réconfortant là-dedans.

Pourquoi Tudor Pro Cycling s’est imposée

Pourquoi Tudor Pro Cycling s’est-elle imposée comme une évidence ?

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Quand j’ai senti qu’il était temps de changer de direction dans ma carrière, le contact avec Tudor Pro Cycling m’a presque semblé logique. Il y avait mon affection pour les montres, bien sûr, mais aussi le fait que je connaissais déjà plusieurs personnes dans l’équipe, leur manière de travailler, leur état d’esprit. Dans ce métier, c’est important d’être fier de l’équipe pour laquelle on roule, des valeurs que l’on porte et de la manière dont on se donne à fond. Chez Tudor Pro Cycling, tout cela correspondait à ce que je cherchais. Même le slogan, Born to Dare, me parlait avant que je sache qu’il était associé à l’équipe. J’ai toujours eu ce tempérament-là : oser, dans ma vie personnelle comme dans ma carrière. Déjà enfant, j’étais comme ça. Je passais ma vie sur un vélo, à faire la course avec mon frère, à rouler dans le quartier. Il m’arrivait de partir pour cinquante kilomètres alors que j’avais à peine dix ans. J’ai toujours eu ce besoin d’aller voir plus loin. Je ne crois pas qu’il y ait de formule plus juste pour me correspondre.

Le rôle au sein de Tudor Pro Cycling

Quel rôle pensez-vous avoir aujourd’hui dans le projet Tudor Pro Cycling ?

J’ai vu l’équipe arriver dans le peloton avec un regard bienveillant. J’ai tout de suite senti un projet solide, ambitieux, mais aussi humble. C’est ce mélange qui m’a plu. Aujourd’hui, je peux apporter mon expérience, rester leader, mais aussi transmettre aux plus jeunes. Je le fais naturellement, en stage ou en course. Parfois, cela se joue sur un détail, une parole, un geste. Le vélo a beaucoup changé. Il est plus contrôlé, plus exigeant, les jeunes arrivent déjà très prêts. Ce que je peux transmettre, au-delà de l’expérience, c’est aussi l’importance de garder le plaisir, de ne pas tout pousser à l’extrême. Il faut aussi mesurer d’où vient l’équipe, le chemin parcouru, sans brûler les étapes. L’ambition est là : gagner des courses, progresser, s’installer durablement dans le peloton international. De mon côté, je donnerai le maximum pour mes coéquipiers et pour ce projet.

Le modèle Tudor de cœur

Avez-vous un modèle Tudor de cœur ?

Oui, la Black Bay 54 avec le bracelet caoutchouc. Pour moi, elle est magnifique. J’aime sa taille, sa couleur, ses détails, son confort. Elle est légère, facile à porter. Pour ma taille de poignet, c’est vraiment le modèle parfait. J’aime aussi beaucoup la Pelagos FXD Chrono Cycling Edition que nous avons reçue avec l’équipe : une montre pratique, sportive, assez universelle, qui correspond bien à Tudor Pro Cycling. On est fiers de porter cette montre, parce qu’on connaît le travail qu’il y a derrière. J’ai également deux chronos, la rose, la bleue, et une autre Black Bay bordeaux. Et la nouvelle Black Bay 54 bleue qui vient de sortir est superbe. J’adore ce bleu. Honnêtement, j’aimerais bien toutes les avoir à la maison.

Parallèles entre montre Tudor et vélo

Voyez-vous des parallèles entre une montre Tudor et un vélo de compétition ?

Oui, bien sûr. En découvrant Tudor de l’intérieur, j’ai été marqué par la précision, le souci du détail, la passion des gens impliqués dans la recherche, les tests, le design. Quand on comprend tout le travail derrière une montre – la qualité, les matériaux, les choix techniques –, on ne regarde plus l’objet de la même manière. C’est assez proche du vélo, finalement. Dans les deux cas, il y a une recherche permanente de précision, de robustesse, de légèreté, de fiabilité. Une montre Tudor, tu peux la porter tous les jours, faire du vélo avec, elle reste fiable. Et la fiabilité, dans notre métier, c’est essentiel. C’est quelque chose que l’on recherche en permanence.

Le rapport au temps

Quel est votre rapport au temps ?

Je l’ai toujours fui, et en même temps j’ai toujours essayé de le tuer. Il a fallu que j’apprenne à être patient, parce que la résilience ne fonctionne pas sans patience. Le temps a souvent été un ennemi, mais aussi un allié quand il le fallait. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il passe vite, et cela me pousse à profiter davantage de ce que je fais avec l’équipe, et de la vie en général. Je n’ai pas envie de ralentir pour autant. Mais j’ai appris à mieux organiser mon temps, à apprécier des choses simples. Je ralentirai quand j’aurai posé le vélo. Là, je prendrai le temps de réaliser ces quinze dernières années pendant lesquelles, justement, je n’ai pas eu le temps.