Isabel Coixet dévoile une série intimiste sur Arte
La réalisatrice espagnole Isabel Coixet, née à Barcelone en 1960, présente actuellement sur Arte sa nouvelle série en huit épisodes intitulée Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi. Ce titre évocateur fait directement référence au poème Cinq heures du soir à répétition de Federico Garcia Lorca, soulignant l’attachement profond de Coixet à la littérature, une constante dans son œuvre cinématographique.
Une filmographie marquée par les lettres
Isabel Coixet a débuté sa carrière hollywoodienne avec Lovers, un film adapté d’un roman de Philip Roth mettant en scène Penélope Cruz et Ben Kingsley dans une histoire d’amour entre un professeur de littérature âgé et une jeune immigrée cubaine. En 2017, elle confirme cet intérêt pour le monde des livres avec The Bookshop, qui raconte les difficultés d’une femme ouvrant une librairie dans une petite ville anglaise. Puis, en 2019, elle réalise sa première série télé, Foodie Love, une comédie romantique culinaire diffusée également sur Arte, mettant en scène une éditrice et un mathématicien.
Une intrigue parisienne aux saveurs japonaises
Dans Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi, l’action se déroule dans un appartement parisien partagé par deux amis d’enfance, Charlie (interprétée par Clara Bretheau) et Nelson (joué par Théo Christine). Ils accueillent une nouvelle colocataire, Louise (incarnée par Liv Henneguier), une provinciale ambitieuse venue à Paris pour percer dans le cinéma en tant que réalisatrice. Nelson a abandonné ses études de mathématiques pour se consacrer à la cuisine japonaise, tandis que Charlie, fragile et accro à la drogue, peine à trouver sa place, notamment face à sa mère, Alix (Jeanne Balibar), une galeriste aisée qui subvient à ses besoins.
Des relations complexes et un suspense maîtrisé
La série explore les dynamiques entre ces trois personnages approchant la trentaine, piégés dans une adolescence prolongée. L’intrigue prend un tour inattendu lorsque Nelson entame une relation secrète avec Alix, la mère de Charlie, créant un suspense haletant quant aux conséquences de cette révélation. Les références à des séries comme Emily in Paris ou Friends sont présentes, mais Coixet les dépasse par une mise en scène discrète et une interprétation enthousiasmante, offrant une version plus authentique et raffinée.
Un vaudeville moderne en huit épisodes
Avec des épisodes d’une trentaine de minutes, la série propose un vaudeville contemporain qui captive le spectateur, mêlant gastronomie japonaise, romans américains et cinéma d’auteur. Les questions de trahison, d’amitié et d’amour sont traitées avec finesse, invitant à une réflexion sur les serments d’enfance et les choix adultes. Isabel Coixet réussit ainsi à transformer un dimanche après-midi en une expérience télévisuelle immersive et émotionnelle.



